Depuis le début de l’année, les arrivées de migrants ont explosé à Ceuta. La ville autonome espagnole située au nord du Maroc a accueilli 1 604 personnes entre le 1er janvier et le 15 mars, contre 266 à la même période de 2025. L’enclave espagnole devient ainsi la première porte d’entrée des migrants en Espagne, devant l’archipel des Canaries. Reportage.
(...)À Ceuta, difficile de passer à côté de ces barbelés, qui dénaturent le paysage. La ville autonome est encerclée par les grillages, qui débutent dans les montagnes et s’étendent jusqu’aux digues se jetant dans la mer Méditerranée. (...)
À Ceuta, "tous les jours, des migrants tentent de rentrer" dans l’enclave espagnole (...)
Pour contourner la militarisation de cette frontière, surveillée en permanence par des gardes marocains et espagnols, les exilés essayent aussi de pénétrer dans l’enclave à la nage en partant de la ville voisine de Fnideq (au sud de Ceuta) ou de Benzu (au nord de Ceuta), au prix de plusieurs heures d’efforts. (...)
"Ceuta est, cette année, la première porte d’entrée en Espagne" (...)
En mer aussi, les migrants se sont adaptés pour éviter les contrôles renforcés. Les tentatives de traversée se font le plus souvent par mauvais temps. Quand il pleut, les caméras embarquées sur les navires des gardes-côtes ne repèrent pas les personnes à la mer, qui peuvent atteindre l’enclave plus discrètement sans être refoulées, au péril de leur vie. (...)
Ces migrants, qui ont vécu pendant plusieurs mois ou années sur la route dans des conditions précaires, ont le sentiment que le plus dur est derrière eux. Peu importe leur quotidien dans le centre de Ceuta, ils estiment avoir atteint leur objectif. "On est heureux d’être là et d’avoir réussi" à fouler le sol européen, résume fièrement Kabirou Adamou Daouda. (...)