Les personnes issues de l’immigration ont particulièrement du mal à trouver un logement abordable, ce qui a des répercussions sur l’intégration, l’éducation et l’accès au marché du travail.
Trouver un appartement abordable de trois ou quatre pièces à Berlin ? Une mission herculéenne. Récemment, un site d’annonces immobilières proposait un logement d’un peu plus de 100 mètres carrés pour un peu plus de 4 000 euros par mois, chauffage et charges comprises. Au même moment, un appartement de 80 mètres carrés pour 1000 euros de loyer constituait l’offre la plus abordable, même si ce logement demande des travaux de rénovation et se trouve en périphérie de la ville.
La crise du marché immobilier ne concerne toutefois pas que le capitale. Elle touche une grande partie du pays, que ce soient les grandes villes ou les zones rurales économiquement dynamiques, où les logements abordables et bien situés sont devenus des perles rares.
À l’échelle nationale, il manque environ 1,4 million d’appartements à prix bas ou moyen. Une pénurie qui fait grimper les prix.
L’Allemagne est un pays de locataires (...)
Racisme et discrimination sur le marché locatif
Ces difficultés sont aggravées par des désavantages structurels, de par des revenus plus faibles et des familles nombreuses. Mais les obstacles spécifiques à la migration jouent aussi un rôle, car un statut de séjour précaire, des réseaux de contacts restreints et les barrières linguistiques rendent la recherche d’un logement encore plus difficile.
Les réfugiés, en particulier, ont tendance à s’installer dans des quartiers socialement défavorisés, où les loyers sont généralement moins élevés et où existent déjà des réseaux de soutien.
Pour leur part, de nombreux demandeurs d’asile restent dans des logements gérés par l’État faute d’alternatives, même s’ils sont légalement autorisés à déménager.
A cela s’ajoute la discrimination sur le marché du logement, "y compris la discrimination raciale", a rappelé Birgit Glorius, vice-présidente du SVR. (...)
Pour lutter contre cette forme de discrimination dans la recherche d’un logement, le Conseil d’experts propose de rendre anonyme la demande de rendez-vous pour une visite. (...)
Les immigrés sont davantage exposés au risque de se retrouver sans domicile (...)
La pauvreté et l’immigration sont de plus en plus étroitement liées
Les régions économiquement dynamiques proposent donc des emplois mais les logements abordables sont rares. Dans les régions moins dynamiques en revanche, les logements sont moins chers, mais les emplois et les possibilités de formation font défaut.
"Les experts internationaux s’accordent désormais à dire qu’il est urgent d’apporter un soutien pour garantir l’accès au logement", a assuré Winfried Kluth.
L’immigration est fortement concentrée dans les villes. Près de 60 % des personnes issues de l’immigration vivent en zone urbaine. Dans les grandes villes, leur part dans la population peut dépasser 40 %. (...)
Les auteurs du rapport recommandent d’augmenter l’offre de logements, en particulier dans le domaine du logement social. Les quartiers nécessitant un soutien particulier devraient être renforcés de manière ciblée, par exemple, grâce à un meilleur financement des crèches, des écoles et des institutions sociales.
Les employeurs sont également appelés à prendre leurs responsabilités, par exemple en aidant activement les travailleurs qualifiés étrangers à trouver un logement.