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Migreurop/AMSV
Appel à une rencontre internationale pour la Commémor’Action du 6 février 2026 à Oujda (Maroc)
#frontieres #migrants #immigration #naufrages #Oujda
Article mis en ligne le 19 janvier 2026
dernière modification le 13 janvier 2026

Texte d’appel écrit par l’Association Marocaine d’Aide aux Migrant·es en Situation Vulnérable (AMSV)

A l‘occasion de la Commémor’Action du 6 Février, date devenue la journée mondiale de solidarité avec les victimes des frontières et les disparu·e·s sur les routes migratoires, l’Association Marocaine d’Aide aux Migrant·e·s en Situation Vulnérable organise sa sixième rencontre internationale à Oujda, à la frontière maroco-algérienne, du 5 au 7 Février 2026. Voici le texte d’appel et le programme de cette mobilisation.

Leur vie, notre lumière. Leur destin, notre colère. Ouvrez les frontières !
Pour une révision totale de la loi 02/03, pour garantir tous les droits des migrant·e·s et des familles des disparus, des prisonnier·e·s et des détenu·e·s sur les routes migratoires !

Le 6 Février 2014, plus de 200 personnes, parties des côtes marocaines, ont tenté d’accéder à la nage à la plage du Tarajal, dans l’enclave espagnole de Ceuta. Pour les empêcher d’arriver en « terre espagnole », la Guardia Civil a utilisé du matériel anti-émeutes et les militaires marocains présents n’ont aucun porté secours aux personnes qui se noyaient devant eux. Quinze corps ont été retrouvés côté espagnol, des dizaines d’autres ont disparu, les survivants ont été refoulés, certains ont péri côté marocain.

Douze ans sont passés depuis le massacre de Tarajal.

Douze ans pendant lesquels le nombre de mort·e·s et de disparu·e·s n’a cessé d’augmenter, dans la Méditerranée et sur la route des Canaries, aux frontières internes de l’UE, dans la Manche, aux frontières orientales, le long de la route des Balkans, et encore dans le désert du Sahara et le long de toutes les autres routes migratoires. Le régime des frontières a montré encore en 2023 son visage cynique de manière totalement décomplexée, lors du naufrage de Cutro, dans la nuit du 25 février où 94 personnes sont décédées et au moins 11 autres ont disparu à quelques mètres des côtes italiennes, sous les regards immobiles de Frontex et des autorités italiennes ; ou encore le 14 juin quand plus de 600 personnes ont disparu à jamais au large de Pylos, en Grèce ; tout comme le 23 avril 2022, quand un bateau avec 60 personnes à son bord a coulé au large des côtes libanaises. (...)

Qui sommes-nous ?

Nous sommes des parents, amis et amies de personnes décédées, portées disparues et/ou victimes de disparitions forcées le long des frontières terrestres ou maritimes, en Europe, en Afrique, en Amérique. Nous sommes des personnes qui ont survécu à la tentative de traverser les frontières à la recherche d’un avenir meilleur. Nous sommes des citoyen·e·s solidaires qui aident les immigré·e·s durant leur voyage en fournissant une aide médicale, de la nourriture, des vêtements et un soutien lorsqu’ils se trouvent dans des situations dangereuses pour que leur voyage ait une bonne fin. Nous sommes des activistes qui ont recueilli les voix de ces immigré·e·s avant leur disparition, qui s’efforcent d’identifier les corps anonymes dans les zones frontalières et qui leur donnent une sépulture digne.

Nous sommes une grande famille qui n’a ni frontières ni nationalité, une grande famille qui lutte contre les régimes de mort imposés à toutes les frontières du monde et qui se bat pour affirmer le droit de migrer, la liberté de circulation et la justice globale pour tous et toutes.

(...)