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France24
Après l’épidémie de méningite au Royaume-Uni, quels risques et quelle protection en France ?
#RoyaumeUni #meningite #France
Article mis en ligne le 21 mars 2026

L’épidémie de méningite observée au Royaume-Uni depuis deux semaines rappelle la dangerosité de cette infection bactérienne rare mais fulgurante. En France – où un cas lié au cluster britannique a été signalé –, les autorités sanitaires ont déjà renforcé il y a plus d’un an la vaccination contre les méningocoques, face à une augmentation des cas observés depuis 2022.

Une épidémie "sans précédent" outre-Manche relance les inquiétudes en France. Le nombre de cas signalés dans l’épidémie de méningite à ménincogoques qui a fait deux morts dans le sud-est de l’Angleterre est passé de 27 à 29, dont 15 cas confirmés et 12 faisant encore l’objet d’une enquête, ont annoncé vendredi 20 mars les autorités sanitaires.

Ces cas devraient probablement augmenter, avait affirmé jeudi le professeur Robin May, directeur scientifique de l’agence sanitaire britannique UKHSA, interrogé sur la radio de la BBC, alors que le nombre de cas signalés venait déjà d’augmenter. Ce dernier avait précisé que tous les cas "se rapportent d’une manière ou d’une autre à la même période, celle où l’exposition initiale a eu lieu".

Un cas lié à cette épidémie a été signalé en France : une personne ayant fréquenté l’université du Kent, comté situé au sud-est de Londres, a été hospitalisée en France et se trouve "dans un état stable", selon le ministère français de la Santé.

Une salariée d’Orano, spécialiste français du combustible nucléaire, est décédée jeudi à l’hôpital de Cherbourg (Manche), a annoncé vendredi l’entreprise, soulignant toutefois qu’aucun lien n’était établi avec l’épidémie en cours en Angleterre. (...)

La majorité des cas sont liés à une discothèque de Canterbury (sud-est de l’Angleterre), selon le ministre de la Santé britannique, Wes Streeting.

Si les autorités françaises se montrent rassurant quant au risque d’une épidémie sur le territoire français, Santé publique France a placé le réseau de surveillance en état d’alerte pour identifier immédiatement tout nouveau cas suspect, particulièrement chez les étudiants ayant voyagé dans le Kent début mars.
Augmentation des cas, et variété de souches

L’épidémie au Royaume-Uni a été décrite comme "explosive" par les autorités sanitaires britanniques en raison du nombre de cas concernés et de la rapidité de la propagation.

Sans prise en charge rapide, les infections à méningocoques – des bactéries – peuvent engendrer la mort en moins de 24 heures, mais peuvent aussi laisser des séquelles plus ou moins lourdes. (...)

Ces dernières années, les autorités sanitaires françaises ont observé une augmentation des cas infectieux, mais aussi un changement dans les souches circulantes, notamment une augmentation des souches W et Y, parfois plus graves.

L’augmentation notable des cas de méningites bactériennes résulte d’une combinaison de facteurs parmi lesquels un effet "boomerang" post-Covid.

La levée des restrictions, la reprise des interactions sociales après le confinement, et l’essoufflement des "gestes barrières" ont facilité la transmission des agents pathogènes responsables des méningites et conduit à une augmentation du nombre des cas, en France mais aussi dans d’autres pays européens. En Espagne, notamment, après l’assouplissement des mesures de protection contre le Covid-19, l’incidence de la méningite a augmenté de 10 % en 2022, et en 2023, elle a encore augmenté de 13 %.

En 2024, selon le bulletin de Santé publique France du 24 avril 2025, 616 cas de méningite ont été déclarés (+10 % par rapport à 2023), soit le nombre annuel de cas le plus élevé depuis 2010.

La méningite B est plus fréquente chez les nourrissons et jeunes enfants de un à quatre ans, et dans une moindre mesure chez les jeunes adultes de 15-24 ans. Les méningites W et Y sont plus fréquentes chez les nourrissons et les personnes âgées (de plus de 80 ans). La méningite C est peu fréquente du fait de la couverture vaccinale élevée des nourrissons contre le méningocoque C et de l’immunité de groupe en population.

Ce même bulletin indique que 69 décès dus à des infections à méningocoques ont été recensés en 2024. En outre, le début d’année 2025 a été marqué par une augmentation particulièrement importante des infections invasives à méningocoques, avec 90 cas survenus en janvier 2025.
Vaccination renforcée depuis 2025

Face à cette recrudescence de cas, la France a donc décidé d’intensifier la prévention autour des ménincogoques, et nettement renforcé la vaccination depuis le 1er janvier 2025.

La vaccination contre différentes souches de méningocoques (B, mais aussi A, C, W135 et Y) est devenue obligatoire pour les nourrissons pour l’entrée en collectivité, comme la crèche. Avant 2025, seule la vaccination contre le méningocoque C était obligatoire.

Si les jeunes adultes et les adolescents (16-24 ans) ont été particulièrement touchés par cette reprise, la vaccination ACWY est aujourd’hui seulement recommandée chez tous les adolescents de 11 à 14 ans. Un rattrapage est conseillé jusqu’à 24 ans. (...)

Cette stratégie vaccinale vise à protéger les populations où la circulation de la bactérie est la plus fréquente du fait de leurs conditions de vie et de leurs comportements sociaux. En effet, la transmission des méningocoques se fait de personne à personne par contact étroit et prolongé, par exemple en vivant sous le même toit, en s’embrassant, en buvant dans le même verre, en partageant une cigarette électronique...

Cette maladie n’est toutefois pas aussi contagieuse que le Covid-19 ou la rougeole, a souligné l’UKHSA, précisant que le risque d’infection pour le reste de la population "reste faible". (...)

Les méningites bactériennes touchent environ 2,5 millions de personnes et causent environ 300 000 décès, chaque année dans le monde.