Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
Asile : en France, la CNDA gèle les recours des Iraniens et Libanais en attendant de voir l’évolution de la situation
#France #asile #libanais #Iraniens #CNDA
Article mis en ligne le 28 mars 2026
dernière modification le 25 mars 2026

Les recours déposés par les demandeurs d’asile d’Iran et du Liban devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ont été suspendus. Le but : éviter la précipitation et le rejet de leur demande de protection internationale. La CNDA dit attendre d’y voir plus clair au niveau de la situation sécuritaire dans les deux pays. (...)

La Cour, chargée de réexaminer les dossiers des déboutés de l’asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), a pris cette décision il y a "une dizaine de jours" au vu des événements en cours au Moyen et Proche-Orient, a précisé lors d’une conférence de presse son président, Thomas Andrieu.

Le droit européen prévoit notamment qu’il est possible d’accorder une mesure de protection à des demandeurs d’asile issus de zones en proie à une "violence aveugle". Il faut donc s’assurer que les personnes qui ont fait appel du rejet [avant le début du conflit, ndlr] ne peuvent pas obtenir l’asile pour ce nouveau motif, a-t-il expliqué.

Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran le 28 février, 1 029 personnes ont été tuées au Liban d’après les autorités libanaises. Côté iranien, aucun bilan global n’a été récemment publié, mais l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, avait recensé le 21 mars au moins 3 230 morts, dont 1 406 civils.

Pour rappel, dans le droit français, les recours sont suspensifs : c’est-à-dire que le demandeur d’asile n’est pas expulsable tant que la CNDA n’a pas rendu son verdict. Il a le droit de rester en France aussi longtemps que dure la procédure. (...)

"C’est même le contraire de la précipitation. L’instance attend de savoir s’il y a des craintes légitimes en cas de retour dans le pays. Tant qu’elle ne peut pas répondre à cette question, elle suspend ses décisions. Elle se demande : ’À l’instant T où je dois rendre une décision, le demandeur risque-t-il sa vie en cas de réponse négative ?’"

Cette suspension avait également eu lieu au tout début de la guerre en Ukraine, en février 2022. Plutôt que de rejeter un dossier d’asile d’un Ukrainien, l’Ofpra avait attendu de voir l’évolution dans le pays pour ne pas renvoyer un ressortissant dans un pays où il risque de mourir.

La CNDA, plus importante juridiction administrative en nombre d’audience (5 340 en 2025) a entendu près de 38 000 requérants et rendu 53 086 décisions en 2025, dans un délai moyen de cinq mois environ.

Le taux moyen de protection est de 23,3 % principalement envers les Soudanais, Haïtiens, Éthiopiens, Érythréens, Somaliens ou encore Burkinabé.