L’artiste franco-libanais Ali Cherri a déposé plainte contre X avec constitution de partie civile ce jeudi 2 avril auprès du pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, aux côtés de la Fédération internationale des droits de l’homme. Une plainte inédite, puisque jusqu’à présent, aucune procédure judiciaire n’a été ouverte au Liban ou dans d’autres États concernant des bombardements israéliens au Liban, selon la FIDH.
Le 26 novembre 2024, un immeuble du quartier résidentiel de Noueiri à Beyrouth est touché par un bombardement, dans le cadre de l’opération menée par l’armée israélienne contre le Hezbollah depuis octobre 2023. Sept personnes sont tuées, dont les parents d’Ali Cherri. L’artiste a décidé de porter plainte, pour contribuer à enrayer la spirale de violence alors qu’une nouvelle offensive israélienne est en cours au Liban. (...)
« Je sais que ce processus va être long et difficile, mais si on ne fait rien, on ne pourra pas sortir de ce cycle d’impunité. Moi, ce que j’essaye de faire, c’est que ce crime soit nommé, que les personnes responsables rendent des comptes et de me dire que peut-être la mort de mes parents pourra aider à éviter l’anéantissement d’autres vies. »
La justice française n’est pas compétente pour enquêter sur la mort des parents d’Ali Cherri, qui n’étaient pas Français à la différence de l’artiste, qui a donc déposé plainte, en tant que propriétaire de l’appartement visé, pour le crime de guerre « d’attaque délibérée contre un bien à caractère civil. »
L’ONG Amnesty International avait pour sa part estimé en février, après enquête, pouvoir « raisonnablement conclure que cette frappe avait violé la loi humanitaire internationale. »