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Canicule et capital : on étouffe
#rechauffementClimatique #canicules #capitalisme
Article mis en ligne le 30 mai 2026
dernière modification le 29 mai 2026

(...) les températures maximales actuelles sont 15°C voire 17°C au-dessus des « normales » pour un mois de mai.

Depuis 2000, le nombre de canicules a été multiplié par quatre. Avec une vague de chaleur extrême aussi précoce, il faut s’attendre à en subir d’autres cette année, et ce ne sera probablement que l’été le moins chaud du reste de notre vie. Il y a des conséquences concrètes sur les cultures brûlées, la mortalité des oiseaux, et donc des écosystèmes entiers qui devaient se ressourcer au printemps mais qui subissent un stress intense. Quelques informations sur cette nouvelle canicule du capital. (...)

Les travailleurs manuels non protégés

« La chaleur altère les capacités physiques et cognitives, augmente les accidents, aggrave les pathologies existantes » explique la CGT. La mortalité sur les chantiers augmente par forte chaleur, mais aucun protocole de protection ni arrêt de travail n’est proposé aux ouvriers agricoles, ceux du bâtiment, ceux qui construisent des routes, aux métallos, et à toutes les professions physiques particulièrement exposées en pleine chaleur. C’est de la mise en danger de la vie de prolétaires. (...)

Mépris dans les écoles

Ce 28 mai, une école élémentaire située dans les Landes a dû fermer ses portes pour « préserver les enfants d’une chaleur extrême ». Le thermomètre est monté jusqu’à 53°C en intérieur. Un élu de la commune explique : « Il y a même eu un malaise et des vomissements ». Près de 80% des collèges et lycées ont relevé une température supérieure à 30°C cette semaine.

Pourtant, là non plus, aucun soutien, aucune livraison de ventilateurs, aucun plan de protection des élèves et enseignants. Le ministre macroniste de l’éducation est allé dans les médias expliquer que pour lutter contre la canicule à l’école : faut aérer et boire de l’eau. Il a aussi déclaré qu’il « n’est pas prévu de reporter les épreuves du baccalauréat ». Comme s’il était possible d’étudier ou de composer un devoir par 35°. Mépris total. (...)

l’AFP vient de révéler qu’un fonds financier « destiné à aider un archipel du Pacifique en proie au changement climatique » a investi l’argent récolté dans des mines de charbon, dans l’exploration gazière et dans la plus grande raffinerie de pétrole au monde. Le capitalisme, même quand il prétend être vert, finance la catastrophe.

TotalEnergies continue d’investir massivement dans les énergies fossiles et construit un pipeline géant en Afrique, tout en recevant 400 millions d’euros d’aides publiques en France. Les 65 plus grosses banques mondiales ont accordé 750 milliards d’euros de financement aux entreprises du pétrole, du gaz et du charbon en 2024, contre 612 milliards d’euros en 2023. Une hausse de plus de 22% en un an, au moment de la victoire de Donald Trump, qui a nommé des climato-sceptiques et des lobbyistes du pétrole dans son gouvernement, et qui a lancé le slogan : « Drill, baby, drill » – « Fore, chéri, fore ».

Un choix de court terme

Même d’un point de vue économique, faire perdurer les énergies fossiles est une aberration suicidaire. (...)

L’Inde est une fournaise

La chaleur à 35°C est insupportable, alors imaginez une température de 15 degrés supérieure. En Inde, dans la ville de Banda, le thermomètre est monté à 48°. Dans celle de Suratgarh, elle frôle 50°. Les pauvres sont exposés à des températures qui s’approchent du seuil mortel pour un humain. Et pour les autres, la climatisation tourne à plein régime, ce qui provoque un cercle vicieux. (...)

Plus proche de nous, le Portugal a établi un nouveau record de chaleur pour un mois de mai, avec une température de 40,3°. Le désastre est aussi chez nous, et il est de la responsabilité des pays riches d’enrayer la catastrophe qu’ils ont provoqué. Ou à leurs populations de contraindre les gouvernants à agir.