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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Chili : les craintes des femmes et des sans-papiers face à l’arrivée de José Antonio Kast au pouvoir
#Chili #extremedroite #femmes #sans_papiers
Article mis en ligne le 12 mars 2026

Au Chili, le président de gauche Gabriel Boric va à passer la main à son successeur d’extrême droite, José Antonio Kast, investi ce mercredi 11 mars 2026. Élu en décembre 2025 pour son programme de lutte contre l’insécurité, pour son discours anti-immigration, et pour sa promesse de relancer l’économie, l’ultra-conservateur inquiète aussi aujourd’hui une partie de la population. Les femmes chiliennes craignent que l’extrême droite fasse reculer certains de leurs droits, et les sans-papiers redoutent une brutale expulsion.

L’ultra-conservateur, dont l’investiture est prévue ce mercredi 11 mars, est opposé à la pilule contraceptive ou encore à l’avortement. Au Chili, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est possible que dans trois cas : s’il y a une malformation du fœtus, si la vie de la femme est en danger, ou en cas de viol.

Francisca, une manifestante, craint notamment que le nouveau gouvernement modifie la loi. « Ils pourraient tenter de faire disparaître ces trois conditions pour que l’avortement n’existe plus du tout. Mais ce serait très dangereux et cela représentait un énorme retour en arrière », explique-t-elle. (...)

« Avec ce gouvernement, la menace plane au-dessus du ministère de la Femme et l’Équité des genres, s’inquiète à son tour María, une autre manifestante. Car la ministre ultra-conservatrice, nommée par Kast, a évoqué la possibilité de "fusionner" ou "rediriger" - ce sont ses mots - les actions de ce ministère. »

« Clairement on a peur », témoigne Carolina, qui juge important pour les femmes de se rassembler et protester contre le prochain gouvernement (...)

Les migrants sans-papiers redoutent eux-aussi la future politique du président, qui a notamment séduit lors de la campagne par son discours anti-immigration. Le pays compte plus de 300 000 migrants sans-papiers, soit environ 17 % du total des étrangers présents sur le sol chilien. Le nouveau président a prévenu qu’il les expulserait s’ils ne partaient pas d’eux-mêmes. (...)

Selon Camila Araya, avocate et spécialiste des questions migratoires, « aucun autre gouvernement n’avait autant mis l’accent sur la migration avec tant de menaces et de mises en garde ». Elle espère que le coût élevé que représentent les expulsions massives freinera les ambitions du nouveau gouvernement.