En Colombie, près de 1 000 militants des droits humains ont été tués depuis la signature de l’accord de paix avec l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016. Au total, 972 défenseurs ont été assassinés entre 2016 et 2025, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié jeudi 19 mars 2026.
Près de 1 000 morts entre 2016 et 2025 : ce chiffre correspond à une moyenne d’environ 100 décès par an. « La Colombie demeure l’un des pays les plus dangereux au monde pour les défenseurs des droits humains », regrette le Haut-Commissaire Volker Türk, cité dans le rapport. L’étude met en évidence un phénomène devenu structurel et largement répandu sur le territoire. Entre début 2022 et fin 2025, 410 défenseurs ont été tués. (...)
Des violences largement répandue
Les populations rurales et ethniques sont particulièrement visées. Les communautés autochtones représentent ainsi 23% des victimes, alors qu’elles ne constituent que 4,7% de la population. Les communautés afro-descendantes, paysannes, ainsi que les militants communautaires, environnementaux ou engagés pour les droits des enfants figurent également parmi les cibles.
Le rapport souligne que ces violences sont principalement liées à des conflits impliquant des acteurs armés non étatiques, notamment dans des zones autrefois contrôlées par les FARC, où l’État peine à s’imposer. Des intérêts criminels liés au trafic de drogue, à l’exploitation minière et forestière illégales ou encore à la traite des êtres humains sont également en cause. (...)
Une réponse judiciaire et politique limitée
Attaques, menaces et stigmatisation sont courantes et visent à réduire au silence les organisations de défense des droits humains. Entre 2022 et 2025, 2 018 cas de menaces et d’attaques ont été recensés, un chiffre qui « ne représente qu’une fraction de l’ampleur réelle du phénomène » faute de système de collecte de données efficace.
Malgré l’existence de politiques publiques et de mécanismes de protection, les institutions étatiques « n’ont pas été en mesure d’inverser les tendances et schémas de violence », relève le rapport, pointant notamment la faiblesse de l’État au niveau local. La réponse judiciaire demeure également limitée : moins de 20% des affaires ont abouti à un verdict.
Pour tenter d’enrayer cette situation, les auteurs du rapport recommandent de renforcer les politiques publiques, de mettre en œuvre des réformes institutionnelles et de promouvoir les enquêtes criminelles afin de lutter contre l’impunité. (...)
image : Addicted04, COL orthographic (San Andrés and Providencia special), CC BY-SA 3.0