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Assemblée Nationale
Commission d’enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l’action publique et le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes
#AssembleeNationale #Migrants #accordsDuTouquet #commissiondEnquete
Article mis en ligne le 26 mars 2026
dernière modification le 23 mars 2026

Présentation

La commission d’enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l’action publique et le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes a été créée par l’Assemblée nationale le mardi 13 janvier 2026.

Elle est issue d’une proposition de résolution déposée le 27 novembre 2025 par Mme Elsa Faucillon (Gauche Démocrate et Républicaine, Hauts‑de‑Seine). (...)

Conformément aux termes de la proposition de résolution, cette commission d’enquête a pour missions :

  • D’évaluer les conséquences financières, humaines et matérielles de la gestion externalisée de la frontière de la Manche et de la Mer du Nord à la suite de la signature des accords du Touquet du 1er février 2004 et du traité de Sandhurst du 18 janvier 2018 ;
  • De mettre en lumière les pratiques rapportées de maintien de l’ordre qui seraient discriminatoires et violentes visant à anéantir un projet de départ en mer, dans le cadre d’un post‑naufrage ou lors d’un démantèlement de campement ;
  • D’identifier les dysfonctionnements du protocole de prise en charge du post‑naufrage établi par les services de l’État ;
  • D’établir un chiffrage des dépenses sécuritaires dans le cadre de la politique du « zéro point de fixation » ;
  • D’établir un chiffrage des besoins humains et financiers du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage maritimes Gris‑Nez dans sa mission de sauvetage en mer ;
  • D’évaluer la prise en compte et le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant et du droit à une prise en charge, une protection et une assistance particulière des enfants, dont les mineurs non accompagnés, par les autorités administratives, judiciaires et policières ;
  • D’évaluer les conséquences de l’externalisation de la frontière britannique sur les modes de vie des citoyens et citoyennes des départements du littoral nord, sur l’urbanisme des villes côtières, sur la qualité des services publics et sur la capacité d’action des élus locaux du littoral nord ;
  • De faire des recommandations sur les réponses législatives, réglementaires et budgétaires à apporter pour assurer la protection des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes à la frontière franco‑britannique.

La commission d’enquête devra rendre ses conclusions avant l’expiration du délai de six mois prévu par l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires. La composition, l’agenda, les vidéos et les comptes rendus des auditions publiques de la commission d’enquête pourront être consultés sur cette page.

Agenda

Jeudi 26 mars 2026 à 9h15 (...) – Audition, ouverte à la presse, de M. Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)

Jeudi 26 mars 2026 à 10h45 (...) – Table ronde, ouverte à la presse, réunissant des représentants de plusieurs associations (Utopia 56, Osmose 62, Alors on aide littoral, Human Rights Observers et Salam)

Jeudi 26 mars 2026 à 14h30 (...)

– Audition, ouverte à la presse, de M. Xavier Ducept, secrétaire général de la Mer

(...)

 Communiqué d’UTOPIA56  :
Jeudi 26 mars, Utopia 56 doit être auditionnée à l’Assemblée nationale. Cette audition intervient dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des accords du Touquet. Accords plaçant la frontière du Royaume-Uni sur le sol français afin que la France soit le garde-frontière contre l’immigration vers la Grande-Bretagne.

Cette commission a donc pour but d’évaluer les conséquences humaines, matérielles et financières de l’action publique découlant de ces accords sur les droits fondamentaux des personnes exilées en transit sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais.

Les accords du Touquet ont été signés en 2003 entre la France et le Royaume-Uni. Ils sont les premiers d’une série dont le dernier est entré en vigueur en juillet dernier, le fameux accord “One in One out”, et qui fait des vies humaines des marchandises à s’échanger. Tous sont venus renégocier les sommes d’argent versées par le Royaume-Uni à la France pour empêcher l’immigration, sans jamais remettre en question la stratégie dessinée il y a maintenant plus de vingt ans.

Celle-ci n’a pourtant mené qu’à des décès de personnes tentant malgré tout de traverser la Manche par le tunnel ou par la mer et à maintenir des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans des conditions de subsistance effroyables. Nous avons tous en tête les images des campements récents et du bidonville de Calais, "la Jungle", qui pourtant n’ont jamais dissuadé celles et ceux, venus d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, d’Érythrée, du Soudan, d’Albanie, de Syrie, de rejoindre le sol britannique.

Une commission d’enquête parlementaire est un travail de fond mené par les député·es pour faire la lumière sur les éventuels angles morts d’une politique publique. Cela se réalise au travers d’auditions sous serment, de consultations de documents officiels, de rapports, mais également de visites de terrain.

Cette enquête-ci, ayant débuté il y a plusieurs semaines, a déjà permis d’auditionner Bernard Cazeneuve, ancien ministre de l’Intérieur et premier ministre à l’époque du bidonville de Calais et de sa destruction. Il avait été l’architecte de la politique de démantèlement systématique des campements informels qui est toujours à l’œuvre aujourd’hui. De même, Natacha Bouchart, maire de Calais depuis 2008 et enjointe par le Conseil d’État en 2017 de mettre un terme aux traitements inhumains et dégradants en améliorant les conditions de vie des personnes exilées en transit sur sa commune, a, elle aussi, été auditionnée. Enfin, des experts du droit d’asile et du droit des étrangers, des chercheurs et des associations de terrain ont été entendus les semaines passées.

À l’issue des travaux de la commission, un rapport, contenant des recommandations, sera rendu public. Il devra donc décrire, de manière objective et factuelle, la manière dont sont ventilés et utilisés les financements français et britanniques, tant sur le volet sécuritaire qu’humanitaire, ainsi que leurs effets.

Si cette enquête parlementaire n’a pas d’enjeu de condamnation, elle ne pourra pas passer à côté des pratiques violentes et discriminatoires menées à cette frontière. Elle apportera des réponses et dévoilera les responsabilités de chacun·e dans les conséquences des décisions politiques.

Face à la réalité de ce qu’Utopia 56 observe et documente depuis 10 ans, comment l’État va-t-il justifier l’utilisation de tant de violence et son acharnement dans la sécurisation et la répression au mépris de milliers de vies humaines ?

Utopia 56 et toutes les associations engagées à cette frontière, attendent de cette commission qu’elle apporte des réponses sur l’intérêt qu’a la France à avoir signé de tels accords aux mépris des droits et libertés de milliers de personnes qui y transitent. Pour elles, une seule solution ne peut être valable : la liberté de circulation et l’accueil.

Sur les trois dernières années, au moins 162 personnes ont perdu la vie à la frontière franco-britannique. Toutes victimes de ces choix politiques. Nous penserons à elles et à leurs proches pendant notre audition.

Pour suivre notre intervention ce jeudi, retrouvez la retranscription en direct sur le site de l’Assemblée.
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