Les Nations unies ont proposé un plan d’aide d’urgence à Cuba, portant notamment sur la livraison de carburant, dans le cadre de discussions avec les États-Unis sur l’autorisation d’importations à des fins humanitaires, a indiqué mercredi 25 mars un responsable onusien. Un plan qui intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé juge la situation sanitaire préoccupante sur l’île.
Francisco Pichon, coordinateur de l’ONU à Cuba, a précisé que ce plan de 94,1 millions de dollars avait été proposé pour maintenir en fonctionnement les services essentiels destinés aux personnes les plus vulnérables du pays et « sauver des vies ». « Si la situation actuelle se poursuit et que les réserves de carburant du pays s’épuisent, nous craignons une détérioration rapide, avec un risque de pertes humaines », a-t-il déclaré à un petit groupe de journalistes, dont l’AFP.
Un plan permettant la traçabilité de l’aide
Selon Francisco Pichon, « la faisabilité et la mise en oeuvre de ce plan d’action dépendent évidemment de solutions en matière de carburant ». Pour cela, l’ONU prévoit un « modèle de traçabilité du carburant » pour garantir « qu’il soit dirigé vers les services essentiels et critiques prioritaires du plan », a-t-il expliqué. « Toutes les solutions sont examinées, y compris la collaboration avec le secteur non étatique », a-t-il ajouté.
Le personnel onusien a été en grande partie dans l’incapacité de mener des missions de terrain et les agences de l’ONU peinent à récupérer les cargaisons d’aide dans les aéroports de La Havane. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti le mois dernier que Cuba risquait un « effondrement » humanitaire si l’accès au pétrole lui était refusé.
Les Cubains subissent des coupures d’électricité régulières pouvant durer plus de 20 heures, et deux pannes générales sont survenues rien que la semaine dernière. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a imposé diverses mesures pour économiser le carburant, dont un strict rationnement.
La « situation sanitaire est préoccupante » (...)
Depuis l’éviction par les États-Unis du principal allié de Cuba, le président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, alors que le président américain Donald Trump maintient un blocus pétrolier de facto. Aucune cargaison de pétrole n’a été importée sur l’île depuis le 9 janvier, ce qui frappe le secteur de l’électricité et oblige également les compagnies aériennes à réduire leurs vols vers l’île, un coup dur pour le secteur vital du tourisme.
Les hôpitaux cubains au bord de la rupture (...)
En plus des coupures quotidiennes d’électricité, les prix du carburant ont flambé, les transports publics se font rares et les ordures s’entassent, les camions-poubelles ne circulant plus.