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Marie-Claude Saliceti
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Déchets radioactifs : un député pronucléaire d’extrême droite chargé du dossier Cigéo
#dechetsRadioactifs #nucleaire #Bure #CIGEO #extremedroite
Article mis en ligne le 22 avril 2026

Le dossier Cigéo a été confié à Maxime Amblard, député du Rassemblement national et voix pronucléaire influente à l’Assemblée nationale.

Un coup de pouce politique au projet de poubelle nucléaire ? Le député Rassemblement national (RN) de la Meuse, Maxime Amblard, a été nommé rapporteur sur l’évaluation de la demande d’autorisation de création (DAC) du centre de stockage des déchets radioactifs Cigéo, situé à Bure (Meuse). Il a été nommé par le président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), et ce, malgré ses liens étroits avec la filière nucléaire française.

À l’Assemblée, Maxime Amblard s’est affirmé comme une voix pronucléaire influente. Il a déposé ou soutenu de nombreux amendements visant à relancer et développer massivement la filière nucléaire française dans la loi de programmation énergétique. Certains textes proposaient la construction de nouvelles capacités nucléaires (par exemple 16 gigawatts d’ici 2026/2030 et plus) ou le renforcement du parc existant. (...)

En septembre 2024, lors d’une visite à Bure du laboratoire souterrain de l’Andra, qui porte le projet Cigéo, il avait critiqué les opposants antinucléaires en affirmant que « les Cassandre antinucléaires [avaient] tout faux ». Un mois plus tard, il avait salué le projet Cigéo comme une « solution inédite, efficace et pérenne pour neutraliser ses déchets radioactifs, assurant ainsi la sécurité des générations futures ».

« En plus d’avoir au moins deux conflits d’intérêts [Amblard est député de la circo de Cigéo et salarié de Framatome], il ne connaît rien au dossier », a réagi sur Bluesky Maxime Laisney, député La France insoumise. (...)

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 Déchets radioactifs : le coût de Cigéo réévalué à la hausse à 33 milliards d’euros

Nouvel épisode dans le running gag des dérives financières dans le nucléaire. Le coût du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, à Bure (Meuse), est désormais évalué à 33,36 milliards d’euros par l’État, contre 25 milliards initialement estimés en 2016.

Cette réévaluation, publiée au Journal officiel le 1er avril 2026, se base sur les conditions économiques de janvier 2025 et reste dans la fourchette estimée en mai 2025 par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) : 26,1 à 37,5 milliards d’euros. (...)

Lundi 23 mars, la juge d’expropriation a autorisé l’expulsion « sans délai » de la gare de Luméville-en-Ornois (Meuse), lieu historique de la lutte contre la poubelle nucléaire.

 (Sorir du Nucléaire)
FAISONS DÉRAILLER L’EXPULSION

– LA GARE PREND SA REVANCHE –

[Au regard des dernières informations, le CIGEO* souhaite clarifier ses intentions.]

L’ancienne gare de Luméville-en-Ornois est un lieu emblématique de la lutte antinucléaire achetée il y a 19 ans. Elle a été expropriée par l’ANDRA (l’Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs) au cours de l’année car elle se situe sur le trajet des trains qui amèneront les déchets jusqu’à la décharge nucléaire Cigéo. Après une longue bataille juridique pour ralentir au maximum l’avancée de ce projet, les occupant.es ont finalement reçu un commandement de quitter les lieux pour le 09 avril 2026. Passée cette date, les forces de l’ordre peuvent intervenir pour expulser.

Il est hors de question de quitter ce lieu de notre propre gré, mais nous ne voulons pas non plus subir une expulsion selon les termes que décideraient la préfecture et qui nous laisserait un goût amer d’impuissance. Nous ne voulons pas nous réveiller à quelqu’un.es un matin, encerclé.es par des centaines de keufs.

C’est pourquoi nous invitons toustes celleux qui ont tissé un lien avec La Gare et toustes celleux qui veulent la découvrir et la défendre à venir du 13 au 19 Avril pour faire dérailler l’expulsion !

Faire dérailler l’expulsion ne signifie pas l’empêcher. Nous savons bien que sur ce terrain, l’État est plus fort que nous. Il s’agit plutôt d’être inventives pour transformer une défaite programmée en victoire surprise, de faire de cet événement, non plus un coup dur pour la lutte antinucléaire, mais un succès plein de joie et de résistance. Nous voulons prendre le temps de nous souvenir, de célébrer toutes ces années de luttes à la Gare. Nous voulons lutter dès maintenant pour reprendre le contrôle sur nos vies et pour empêcher la préfecture de dérouler un scénario écrit d’avance. Nous voulons enfin préparer l’avenir, renforcer nos complicités pour combattre les prochaines étapes du projet Cigéo. (1) (...)

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 (Connaissance des énergies)
Stockage de déchets nucléaires à Bure : les opposants sont partis, selon la préfecture

L’ancienne gare de Luméville-en-Ornois (Meuse), haut lieu de la contestation contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs Cigéo à Bure, a été libérée par ses occupants, a annoncé la préfecture lundi soir.
Quartier général des opposants

La gare, devenue le quartier général dans la région des opposants au projet depuis 2007, est propriété de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), porteuse du projet Cigéo.

Une décision de justice rendue fin mars permettait son expulsion. Mais les militants ont quitté les lieux dimanche soir, à l’issue d’une semaine de mobilisation, a annoncé le préfet, Xavier Delarue, dans un communiqué.

Dans l’après-midi dimanche, quelque 85 militants, selon les autorités, avaient défilé dans le calme entre la gare et le village de Mandres-en-Barrois, distant de quelques kilomètres, dans la campagne meusienne.

Plus tard dans la soirée, des gendarmes intervenaient pour "retirer les barricades" installées sur une route départementale à proximité de la gare "par les occupants illégaux", rapporte le préfet. "Ces derniers ont incendié les obstacles ainsi que plusieurs zones à l’intérieur du site de la gare, avant d’abandonner les lieux", a-t-il ajouté. (...)

Lancement d’une enquête publique le 18 mai

Lundi matin, "une levée de doute a été effectuée par la gendarmerie, en présence d’un huissier mandaté par l’Andra, constatant (...) le départ des occupants" dimanche soir. "Un dispositif de gendarmerie restera mobilisé dans les prochains jours, afin d’assurer une sécurisation complète et durable du secteur", a précisé le préfet, ajoutant que des travaux de mise en sécurité se poursuivront pendant plusieurs mois.

La gare se situe sur la ligne de la future voie ferrée qui doit, si le projet aboutit, acheminer les déchets nucléaires vers le bâtiment de conditionnement avant leur enfouissement.

Lancé en 1991, le projet Cigéo prévoit l’enfouissement à partir de 2050 de 83 000 mètres cubes de déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années. (...)


image : ShinRyu Forgers, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons