Alors qu’Emmanuel Macron annonce une évolution de la doctrine nucléaire française, ses propos sur une coopération renforcée en matière de dissuasion en Europe suscitent des réactions contrastées. De Paris à Varsovie, en passant par Berlin, alliés et responsables politiques débattent des contours d’un éventuel parapluie nucléaire européen.
En France, les déclarations d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire ont suscité de vives réactions. Ces dernières semaines, à droite et à l’extrême droite, certains laissaient entendre que le chef de l’État pourrait envisager de partager l’arme nucléaire française avec des partenaires de l’Union européenne.
Le président a clairement démenti cette idée, précision saluée chez Les Républicains par le député Jean-Louis Thiériot : « Il a rappelé la souveraineté de la décision d’emploi du nucléaire, qui relève de la seule compétence du président de la République en vertu du suffrage universel. Il n’y a aucune remise en cause des principes qui fondent notre dissuasion depuis le général de Gaulle. » L’élu de droite soutient également la volonté d’Emmanuel Macron d’augmenter le nombre de têtes nucléaires françaises.
À l’inverse, à la France insoumise, le député Thomas Portes dénonce une dangereuse course à l’armement : « Je ne veux pas un président qui montre les muscles. Il faut aujourd’hui revenir sur des prises de position qui consistent à dire que parce qu’on va avoir le plus d’armes, cela permettra de construire la paix. Je crois que c’est faux », tance-t-il.
Au Parti socialiste, la position est plus nuancée. (...)
À l’extrême droite, l’eurodéputée Marion Maréchal se montre rassurée (...)
La Pologne intéressée
Les réactions ont également été nombreuses dans les pays qui se disent prêts à accueillir des infrastructures stratégiques françaises et à participer à des exercices de dissuasion. (...)
Emmanuel Macron a toutefois précisé que la France conserverait la décision finale d’activer ou non d’éventuelles têtes nucléaires stationnées chez ses alliés. (...)
Berlin se rapproche de Paris
L’Allemagne, elle, joue un rôle d’autant plus particulier dans cette séquence. Longtemps prudent sous Angela Merkel puis Olaf Scholz, le pays semble évoluer sous l’impulsion du chancelier Friedrich Merz, mis face à l’instabilité internationale et l’engagement incertain de son vieux partenaire américain. (...)
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Emmanuel Macron s’exprimait ce lundi 2 mars sur la dissuasion nucléaire française depuis l’île Longue en Bretagne, la base où se trouvent les sous-marins nucléaires français. Il y a dessiné les contours de sa nouvelle doctrine nucléaire, une doctrine qui n’avait pas été mise à jour depuis février 2020. Six ans plus tard, dans un contexte complètement différent, le président a voulu faire une démonstration de puissance. (...)