Au Kenya, la Haute Cour de justice à Nairobi a suspendu temporairement, ce vendredi 29 mai, l’établissement sur le territoire d’un centre de quarantaine pour les ressortissants américains exposés à Ebola. L’information avait été confirmée la veille à RFI. La construction de cette infrastructure a déjà démarré à Laikipia, dans le centre du pays, sur une base militaire aérienne des Forces de défense kényanes, mais les organisations de la société civile kényane ne l’entendent pas de cette oreille.
C’est l’organisation de défense des droits humains, le Katiba Institute, qui a déposé jeudi 28 mai en urgence une plainte auprès de la Haute Cour de justice de Nairobi. Dans le document, l’organisation évoque « une installation de quarantaine pirate » sur le territoire kényan. Elle reproche au gouvernement kényan d’avoir autorisé la construction de ce centre, sans avoir obtenu l’aval du Parlement, ni organisé les consultations publiques de rigueur, ni même dévoilé les contours de l’accord avec les États-Unis.
En attendant une audience entres les parties, la Haute Cour de Nairobi interdit à l’État kényan « de créer, mettre en service, approuver ou faciliter toute installation d’exposition, de quarantaine, d’isolement ou de traitement liée à Ebola ». La Haute Cour du Kenya communiquera sur la suite de la procédure le 2 juin. (...)
Une décision accueillie avec soulagement, par le Dr Davji Bhimji Atellah, secrétaire général du Syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes, qui déplore, lui aussi, un manque de transparence. (...)
Il demande que soient rendues publiques les contreparties qu’aurait obtenues le Kenya pour avoir accepté d’accueillir l’infrastructure américaine.
L’ouverture du centre était imminente
Le député de l’opposition Willis Evans Otieno souligne quant à lui l’ironie de voir le Kenya accepter d’accueillir des cas suspects sur son territoire, alors même que les « puissances qui poussent à cet arrangement seront les premières à restreindre nos déplacements », si un cas venait à être détecté. (...)
La société civile kényane reste sur ses gardes. Le gouvernement a déjà outrepassé une décision de justice pour satisfaire son partenaire américain. En 2024, il a notamment envoyé des soldats en Haïti, malgré une suspension ordonnée par la haute cour de Nairobi.