En Afrique du Sud, la peur grandit au sein des populations originaires d’autres pays du continent, face aux tensions xénophobes. Les organisations anti-immigration illégale se focalisent sur la date du 30 juin pour exiger le départ de toutes les personnes en situation irrégulière. Des milliers de ressortissants malawites ont déjà fui leurs habitations de la région du KwaZulu-Natal pour se rassembler dans un espace public, à Durban, dans l’attente d’un possible rapatriement.
Les syndicats comprennent bien que les Sud-Africains soient frustrés face au chômage qui dépasse les 30%. Mais leur colère se trompe de cible, selon Mametlwe Sebei, président du GIWUSA qui défend les droits des travailleurs dans les industries.
« Le problème ce n’est pas que la classe ouvrière soit furieuse, elle a toutes les raisons de l’être. Mais ce ne sont pas les migrants qui ont créé le chômage, ni fermé les usines, ni privatisé les services publics, ni pillé les caisses de l’État, rapelle-t-il. C’est pourquoi la xénophobie doit être comprise non pas comme une solution à la crise, mais comme l’un de ses symptômes les plus dangereux, et c’est une instrumentalisation contre ceux qui en sont déjà victimes. » (...)
Les associations de défense des droits humains dénoncent également le fait que les étrangers servent de bouc émissaires.
Des voix religieuses s’élèvent aussi, comme celles du Conseil sud-africain des églises (SACC), un forum œcuménique présidé par l’archevêque Sithembele Sipuka. (...)
Les organisations patronales du pays s’inquiètent, pour leur part, des répercussions économiques que peuvent avoir ces manifestations hostiles à l’égard des immigrés, alors que l’Afrique du Sud a nombre d’intérêts à l’étranger.