Nous, la Marche mondiale des femmes, en tant que mouvement féministe internationaliste luttant contre toutes les formes de patriarcat, de fascisme et de centralisme exclusif, déclarons notre mobilisation solidaire transfrontalière avec les femmes et les peuples des quartiers « Sheikh Maqsoud » et « Ashrafieh » d’Alep, à majorité kurde.
Aujourd’hui, ils sont confrontés à une guerre de génocide existentiel menée par le gouvernement de transition et ses factions imprégnées de l’idéologie djihadiste takfiri. Des rapports de terrain depuis le 6 janvier ont documenté l’entrée d’une force militaire appartenant au gouvernement de transition en Syrie, composée de 42 000 combattants et 110 chars, pour prendre d’assaut des quartiers civils densément peuplés. Cela a entraîné la mort de dizaines de personnes, blessé des centaines d’autres et causé la perte de centaines de civils, en plus du déplacement forcé de milliers de personnes, en violation flagrante de toutes les conventions internationales et des accords de désescalade de 2025.
Nous précisons au monde entier que ce déplacement forcé est le quatrième auquel sont confrontés les déplacés d’Afrin à Alep depuis le début de la révolution syrienne, dans le cadre d’une politique systématique visant à les déraciner et à transformer la région en un théâtre de crimes de guerre visant les femmes, les enfants et les populations autochtones sous prétexte de « takfir » (excommunication) et d’accusations de trahison qui légitiment les meurtres fondés sur l’identité. (...)
Nous condamnons fermement les discours haineux et l’incitation systématique à la haine menés par le gouvernement de transition contre les composantes syriennes, qui ouvrent la voie à des combats internes sanglants qui déchirent le tissu social. Cela confirme l’incapacité et l’échec de ce gouvernement à trouver des solutions politiques nationales, et son recours à la « force brute » pour imposer son contrôle absolu. Cela a conduit la Syrie dans une spirale dangereuse d’insécurité et d’absence de protection pour toutes les composantes, ouvrant la voie à des interventions étrangères qui se nourrissent des conflits locaux. (...)
nous mettons la communauté internationale face à ses responsabilités à travers des demandes fondamentales :
Rompre immédiatement le siège médiatique et humanitaire et mettre fin à l’état de « black-out médiatique » en réactivant les moyens de communication, tout en garantissant l’entrée en toute sécurité des missions médiatiques et des équipes médicales pour évacuer les blessés et récupérer les corps des victimes, et en mettant fin à toutes les politiques systématiques de famine et de soif à l’encontre de la population civile.
Exiger une intervention internationale urgente pour établir les faits en envoyant des missions de surveillance et des comités d’enquête de l’ONU afin de découvrir le sort des personnes enlevées et disparues de force, et de documenter toutes les violations graves résultant des récentes opérations militaires dans les quartiers de « Sheikh Maqsoud » et « Ashrafieh ».
Activer les mécanismes internationaux de justice pénale et de responsabilité à l’encontre des dirigeants du « gouvernement de transition » en tant que criminels de guerre pour leur responsabilité dans la violation des accords de désescalade de 2025 et pour avoir commis des crimes de déplacement forcé et pris pour cible des femmes et des composantes autochtones pour des motifs idéologiques et ethniques.
Fournir une protection complète des Nations unies aux civils et aux installations vitales, et former un front de pression international qui garantisse la neutralisation du secteur médical dans le conflit et la cessation des politiques de changement démographique, en soulignant que toute voie politique qui ne garantit pas le droit des femmes et des composantes à l’existence et à la prise de décision est une voie dépourvue de légitimité.
La Marche mondiale des femmes réitère son engagement de principe à protéger le droit des composantes à l’existence et à la prise de décision, et affirme que la poursuite de l’approche de répression militaire ne fera qu’engendrer davantage de dépendance et de diaspora. Aujourd’hui, nous nous tenons aux côtés des femmes d’Alep dans leur demande de justice et de protection, et nous soulignons que tout avenir politique pour la Syrie qui ne repose pas sur la coexistence et le respect des droits des composantes est une voie vouée à l’échec.
Nous continuerons à exercer une pression internationale pour garantir que les responsables rendent des comptes et que la sécurité soit rétablie pour toutes les composantes syriennes d’origine.