L’ancien chef d’État français et dix autres prévenus sont jugés en appel à partir d’aujourd’hui dans l’affaire des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.C’est un nouveau marathon judiciaire de près de trois mois qui débute, ce lundi 16 mars, avec l’ouverture du procès en appel des soupçons de financement libyen devant le tribunal correctionnel de Paris. Les débats, qui seront menés par une nouvelle équipe de magistrats, doivent durer jusqu’au 3 juin. Tour d’horizon des prévenus, tous présumés innocents.
Nicolas Sarkozy est le principal prévenu de ce second procès hors norme. Il comparaît pour « recel de détournement de fonds publics, corruption passive, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs » et risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
En première instance, l’ex-président français a été relaxé des trois premiers chefs d’accusation mais condamné pour « association de malfaiteurs ». Il a écopé d’une peine de cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire, 100 000 euros d’amende ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans. Une sanction justifiée par le tribunal en raison de la « gravité exceptionnelle » des faits, « de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent et sont censés agir dans le sens de l’intérêt général, mais aussi dans les institutions mêmes de la République ».
Nicolas Sarkozy avait été reconnu coupable d’avoir, en 2005, laissé Claude Guéant et Brice Hortefeux, ses deux plus proches collaborateurs, démarcher les autorités libyennes afin d’obtenir des soutiens financiers en vue d’un financement de sa campagne électorale de 2007, en échange de possibles contreparties financières et industrielles visant à faciliter le retour de Mouammar Kadhafi sur la scène internationale. (...)
Le jugement de première instance, vertement dénoncé par l’ancien locataire de l’Élysée, l’avait conduit derrière les barreaux de la prison de la Santé à Paris, fait inédit pour un ex-chef d’État dans l’histoire de la République française. Il en est finalement sorti le 10 novembre 2025. Une libération sous condition, car depuis cette date, l’ex-champion de la droite a l’interdiction de quitter le territoire français et d’entrer en contact avec les autres prévenus de l’affaire.
Les enjeux de cette nouvelle audience n’ont jamais été aussi écrasants pour Nicolas Sarkozy. Avec ce second procès, l’ancien président français, âgé de 71 ans, joue tout simplement sa liberté. Convaincra-t-il de son innocence, qu’il clame depuis le début de l’affaire ? Ou sera-t-il de nouveau condamné à de la prison ferme, et si oui, pour combien de temps ?
Ses avocats, sollicités par RFI, n’ont pas donné suite ou ont fait savoir qu’ils ne prendraient pas la parole avant le début de l’audience. Nicolas Sarkozy n’a pas prévu de changer de ligne de défense. Au contraire, il la muscle. L’ancien chef d’État s’adjoint les services d’un troisième avocat, Sébastien Schapira, qui rejoint ses deux autres conseils, Christophe Ingrain et Jean-Michel Darrois. « L’objectif est d’avoir un regard neuf sur ce dossier », fait savoir son entourage.