C’est un cri d’alarme qui ébranle les certitudes sécuritaires en Israël. L’armée est à bout de souffle, épuisée par les guerres multiples menées par l’État hébreu. Elle traverse une véritable crise des effectifs, remettant, entre autres, au centre du débat la conscription des juifs ultra-orthodoxes.
(...) Selon le haut commandement, l’armée israélienne ne frôle plus la limite, elle l’a franchie. Alors que le pays fait face à des fronts multiples, le spectre d’un épuisement structurel de l’armée n’est plus une hypothèse, mais une urgence vitale, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Entre crise de recrutement des ultra-orthodoxes et fatigue extrême des réservistes, les chefs militaires se disent à bout de souffle.
Le constat est mathématique : avec l’intensification des tensions sur de multiples fronts et l’absence de prolongation du service militaire, les effectifs fondent. (...)
le refus du gouvernement de légiférer sur la conscription des ultra-orthodoxes passe de moins en moins auprès des réservistes, épuisés par des mois de mobilisation. La mobilisation des ultra-orthodoxes est l’objet d’une demande d’une très large majorité de la population qui ne supporte plus l’exemption dont bénéficient les haredim ( « craignants Dieu », en hébreu). (...)
L’opposition à Netanyahu s’engouffre dans la brèche
Mais Benyamin Netanyahu, tributaire de ses alliés des partis ultra-orthodoxes pour se maintenir au pouvoir, a jusqu’ici usé de tous les moyens pour repousser l’adoption d’un tel texte. Pour l’opposition, le diagnostic est sans appel. Son chef Yaïr Lapid dénonce une « armée abandonnée sur le champ de bataille » par pur calcul politique et met en garde l’exécutif contre un « désastre sécuritaire ». (...)
Sans renforts immédiats, l’état-major prévient, l’armée pourrait bientôt être incapable d’assurer ses missions de routine, menaçant directement la sécurité nationale. (...)