En refusant la traversée de son espace aérien par un avion transportant des bombes américaines à destination d’Israël, la France a suscité la colère des autorités israéliennes. Tel-Aviv a annoncé sa volonté de suspendre ses importations militaires de France. Mais la position française dans la guerre au Moyen-Orient est en revanche appréciée dans les pays du Golfe arabo-persique.
La colère est d’autant plus grande qu’Israël s’était employé à convaincre la France d’autoriser le survol de son territoire à cet avion. Sur son site internet, la chaîne de télévision israélienne 12 souligne que les autorités avaient expliqué l’importance de ses munitions pour ses opérations et assurer qu’elles ne serviraient que dans les frappes contre l’Iran. Des opérations qui « contribuent à la sécurité de l’Europe », a estimé la porte-parole du ministère israélien de la Défense auprès de l’Agence France-Presse. (...)
Mesures de rétorsion
Israël a trouvé une autre route pour l’acheminement de ces bombes. Mais son ministère de la Défense accuse la France d’avoir agi, ces dernières années, « à plusieurs reprises […] pour porter atteinte à la sécurité d’Israël et à la capacité opérationnelle de ses industries de défense ». Il affirme considérer « avec la plus grande gravité la politique du gouvernement français ». Et des mesures de rétorsion ont d’ores et déjà été prises. La visite d’Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants, prévue dimanche, a été annulée. Et le ministère de la Défense a annoncé « ramener à zéro » ses importations militaires de France. Des importations toutefois limitées : la France ne vend pas d’armes à Israël mais, selon les autorités françaises, des « composants ayant vocation en particulier à être intégrés dans des systèmes défensifs ou à être réexportés vers des pays tiers ». (...)
avec ce nouveau conflit, les relations se sont une nouvelle fois tendues. Au déclenchement de la guerre, Emmanuel Macron a jugé que les opérations israélo-américaines en Iran sont menées « en dehors du droit international ». Et la France est également critique des opérations israéliennes au Liban. (...)