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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Haïti : un rapport de Human Rights Watch critique l’usage de drones contre les gangs
#Haiti #gangs #HRW
Article mis en ligne le 11 mars 2026

Dans un rapport publié mardi 10 mars 2026, l’ONG Human Rights Watch accuse les forces de sécurité haïtiennes et des paramilitaires liés à l’Américain Erik Prince d’avoir mené des frappes de drones qui ont fait plus d’un millier de morts, dont des civils.

Human Rights Watch affirme que les forces de l’ordre haïtiennes pourraient aller jusqu’à commettre des exécutions extrajudiciaires dans leur lutte contre les gangs. L’ONG publie, ce 10 mars, un rapport consacré aux attaques de drones menées en Haïti.

L’organisation s’est intéressée aux opérations conduites par les forces de sécurité haïtiennes et par des paramilitaires de la société Vectus Global, qui appartient au PDG américain Erik Prince.

Entre mars 2025 et janvier 2026, au moins 1 243 personnes ont été tuées par des frappes de drones officiellement destinées à combattre les gangs. Parmi les victimes figurent 17 enfants et 43 adultes qui n’avaient aucun lien avec les groupes armés, selon l’ONG. (...)

Une population « terrorisée »

Dans certains quartiers de Port-au-Prince, la population vit sous le contrôle de groupes criminels, a expliqué Nathalye Cotrino, chercheuse à Human Rights Watch. « Dans certains secteurs de Port-au-Prince, la population et les gangs vivent ensemble. Les gens vivent sous le contrôle des groupes criminels », a-t-elle souligné au micro de Marine de la Moissonnière pour RFI.

Selon elle, la présence des drones provoque la panique parmi les habitants : « Dès que ces personnes entendent le bruit des drones, elles se réfugient chez elles. Elles sont terrorisées. »

La chercheuse a également évoqué la situation des familles touchées par ces attaques, expliquant que certaines n’ont pas les moyens d’organiser les funérailles de leurs proches (...)

« Des frappes contraires au droit international »

Human Rights Watch estime par ailleurs que ces opérations ne respectent pas le droit international et que certaines frappes meurtrières pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires.

Human Rights Watch souligne enfin que ces opérations n’ont permis d’éliminer aucun membre important des gangs. L’ONG appelle les autorités haïtiennes à mieux protéger la population et à utiliser d’autres méthodes pour combattre les groupes armés.