Voilà plus d’une semaine que les Iraniens sont coupés du monde alors qu’une violente répression s’est abattue sur les manifestants anti-régime. L’ONG iranienne Iran Human Rights parle d’au moins 3 400 morts et des dizaines de milliers d’arrestations. Le nombre de preuves de massacre dans tout le pays ne cesse d’augmenter, selon Human Rights Watch. Malgré les risques, les Iraniens de l’intérieur et de l’étranger tentent de s’organiser pour contrer la chape de plomb.
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C’est via Starlink qu’Ali a demandé à l’une de ses sources de venir lui donner des nouvelles en personne. L’homme qui se fait appeler Sardacht a donc traversé la frontière pour donner, mais aussi recevoir des informations. Originaire d’une ville du Kurdistan iranien, il décrit une forte tension sécuritaire. « Les arrestations continuent, ils contrôlent tout le monde, convoquent certaines personnes et en arrêtent d’autres en pleine rue », décrit-il.
« Ce qui est inédit dans la répression actuelle, c’est son ampleur territoriale »
Malheureusement, les deux hommes affirment que ce type de répression militaire est presque habituel au Kurdistan irakien lors de mouvements de manifestation. (...)
Les témoignages recueillis par Sardacht et Ali à Téhéran racontent des dizaines de corps dans différents hôpitaux de la ville. « L’une de nos sources a dit avoir vu 11 morts juste dans sa rue », ajoute Ali.
« Le silence des instances internationales ne pourra pas être oublié par le peuple iranien »
La transmission accomplie, Sardacht prévoit de rentrer chez lui en Iran dans les jours à venir. C’est là-bas qu’est sa vie et sa famille.
Ali, lui, tient à s’adresser aux institutions internationales (...)
« Nous ne demandons pas forcément à la France, aux pays européens et aux États-Unis d’envahir l’Iran, ils pourraient exercer une pression diplomatique et économique sur le gouvernement iranien pour l’empêcher de massacrer sa population et de commettre ce genre de crime. Mais malheureusement, les mesures politiques des pays occidentaux ont toujours déçu les peuples iraniens dans ce type de circonstances. »
Après avoir menacé d’intervenir militairement, le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que les tueries avaient pris fin. L’Union européenne a dit envisager des sanctions. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, lui, s’est rassemblé jeudi sans prise de décision concrète.