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Marie-Claude Saliceti
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Le Grand Continent
Israël se prépare à une invasion en profondeur du territoire libanais
#guerreAuMoyenOrient
Article mis en ligne le 13 mars 2026
dernière modification le 10 mars 2026

Tsahal a pris position au Sud-Liban afin de créer une « zone tampon » visant à protéger le territoire israélien de frappes du Hezbollah.

Alors que la guerre continue en Iran et dans le Golfe, Netanyahou pourrait se saisir du chaos au Moyen-Orient pour tenter de repousser aussi loin que possible les combattants du Hezbollah, potentiellement au-delà du fleuve Litani.

La guerre contre l’Iran et la reprise des frappes du Hezbollah, soutenu par Téhéran, ont fait voler en éclats le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 qui prévoyait un retrait des forces israéliennes du Sud-Liban afin de permettre un déploiement des Forces armées libanaises. Cette dernière, qui dispose de moyens insuffisants, s’est retirée de plusieurs postes avancés au cours des derniers jours sur une profondeur de 10 kilomètres.

Le gouvernement israélien pourrait se saisir du chaos au Moyen-Orient pour tenter de repousser aussi loin que possible les combattants du Hezbollah. (...)

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a quant à lui déclaré hier qu’Israël « n’avait d’autre choix » que de créer une « zone stérile » dans le sud du Liban. Il ajoutait : « Il est peut-être inesthétique, voire désagréable, de raser deux ou trois villages libanais, mais ils l’ont bien cherché. Personne ne leur a dit qu’ils devaient devenir le pays hôte d’une organisation terroriste ». (...)

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 (l’Orient le Jour)
Quel est le plan d’Israël au Liban ?

(...) Une chose est sûre : les objectifs d’Israël au Liban ne peuvent être comparés à ceux qu’il poursuivait en 2024. À l’époque, il restait limité par la dissuasion stratégique iranienne, non pas tant en raison de l’efficacité de cette dernière, mais parce que l’opposition de l’administration Biden à une guerre totale entre Israël et l’Iran constituait un facteur de restriction crucial. Le contexte est radicalement différent cette fois-ci, grâce à l’engagement sans réserve de l’administration du président Donald Trump dans une guerre visant à détruire les principales capacités stratégiques de l’Iran, à savoir sa capacité de production de missiles balistiques et de drones, ainsi que son programme nucléaire. M. Trump pourrait diverger du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en préférant voir émerger en Iran un régime plus docile plutôt qu’un régime entièrement nouveau, mais ce dernier mise tout sur l’effondrement du régime.

Tout dans la campagne militaire d’Israël contre l’Iran va dans ce sens. (...)

L’agenda israélien va bien au-delà du désarmement du Hezbollah. L’hypothèse largement répandue selon laquelle Israël a l’intention d’imposer un traité de paix officiel au Liban est plausible, mais ce n’est peut-être pas son objectif premier.

Plutôt que de chercher à restreindre les activités du Hezbollah « à la sphère politique », comme l’a annoncé le gouvernement libanais lorsqu’il a interdit les activités militaires du parti le 2 mars, une interprétation plus plausible de l’objectif principal d’Israël est d’orchestrer l’interdiction et la dissolution complètes du Hezbollah. Il ne faut jamais pousser trop loin les analogies historiques, mais celle qui vient à l’esprit est la capitulation du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. (...)

Il semble probable qu’Israël souhaite obtenir du Hezbollah ce que les Américains ont obtenu du Japon : une capitulation sans condition.

Forcer la main de Beyrouth

Par conséquent, Israël cherche à faire plus que simplement contraindre le gouvernement libanais à aller au-delà d’une politique déclaratoire – sachant que sa capacité à se conformer à cette exigence est remise en question, principalement en raison des inquiétudes concernant la cohésion de l’armée libanaise si elle recevait l’ordre de procéder au désarmement par la force.

Cela dit, Israël ne peut à lui seul garantir le désarmement complet du Hezbollah, ni sa suppression politique. (...)

Les ordres d’évacuer des pans entiers du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que les menaces de créer une zone tampon profonde le long de la frontière commune et l’insinuation qu’Israël va bombarder intensivement le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud, servent tous cet objectif. Aucun des éléments de cette stratégie militaire n’est nouveau, bien sûr. (...)