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Marie-Claude Saliceti
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"J’aurais préféré mourir" : un rapport onusien décrit les atrocités vécues par les migrants en Libye
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Article mis en ligne le 11 mars 2026
dernière modification le 8 mars 2026

Un nouveau rapport de l’ONU réalisé sur les deux dernières années dénonce les violations continues des droits humains dans les camps de détention libyens, où des migrants sont victimes de torture et de viol.

En Libye, les migrants, dont des mineurs, continuent à être victimes de "violations systématiques et généralisées des droits humains", selon un rapport des Nations unies publié mi-février.

Depuis la chute de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée. Le pays se trouve à seulement 300 km de l’île italienne de Lampedusa. (...)

Ces dernières années, l’Union européenne (UE) a financé des formations aux gardes-côtes libyens et des programmes de gestion des frontières afin d’empêcher les traversées.

Un modèle d’exploitation systématique (...)

“Il n’y a pas de mots pour décrire le cauchemar sans fin dans lequel ces personnes sont forcées, seulement pour nourrir la cupidité croissante des trafiquants et de ceux au pouvoir qui profitent d’un système d’exploitation,” a fustigé Thameen Al-Kheetan. (...)

Le rapport, qui s’appuie sur des entretiens avec une centaine de personnes originaires de 16 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, couvre une période de deux ans, de janvier 2024 à décembre 2025. Il décrit des cas d’hommes contraints de travailler sans salaire ni nourriture suffisante, et de filles séparées de leur mère.

Le document évoque "une réalité brutale et normalisée" sur les migrants en Libye et dénonce "un modèle d’exploitation" qui profite de la "vulnérabilité accrue" des exilés.

Environ 5 000 personnes détenues dans des centres officiels suite à des "interceptions illégales et dangereuses en mer" sont victimes de violences sexuelles et sexistes, de torture, d’esclavage et de disparitions forcées, précise le rapport de l’ONU.
"Méthodes humiliantes"

"Si vous avez de l’argent, vous payez pour vous en sortir. Sinon, vous êtes contraint de travailler, ou vous risquez tout et vous vous échappez, mais vous êtes alors confronté à des balles réelles et vous pouvez mourir", a raconté un jeune Sud-Soudanais ayant réussi à s’échapper.

Une femme originaire d’Érythrée, détenue pendant deux mois dans une maison à Tobrouk, dans l’est de la Libye, a expliqué avoir été violée à plusieurs reprises par différents hommes et que des filles âgées d’à peine 14 ans étaient violées quotidiennement. "J’aurais préféré mourir", a-t-elle confié aux enquêteurs. "Ce fut un véritable enfer." (...)

"Pour démanteler ce modèle hautement exploiteur, des réformes juridiques et politiques urgentes sont nécessaires", insisté le rapport, appelant l’UE et ses États membres à "instaurer un moratoire sur toutes les interceptions et tous les renvois de migrants vers la Libye jusqu’à ce que des garanties adéquates en matière de droits humains soient assurées".