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Marie-Claude Saliceti
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"Je me suis dit que moi aussi je pouvais y arriver" : quand les réseaux sociaux influencent les migrants à rejoindre Ceuta
#Ceuta #migrants #immigration #reseauxSociaux
Article mis en ligne le 22 mars 2026
dernière modification le 18 mars 2026

Ces dernières années, les vidéos de migrants souriants montrant des traversées vers Ceuta supposées faciles pullulent sur les réseaux sociaux. Les exilés n’hésitent plus à se filmer dans l’enclave espagnole pour encourager les autres à les rejoindre. Mais les photos diffusées sur la toile masquent une réalité bien plus nuancée. Reportage dans l’enclave espagnole.

Comme Mohamed, la majorité des exilés du groupe ne lâchent pas leur téléphone et multiplient les photos, qu’ils posteront dans la foulée sur leurs comptes Facebook, Instagram ou TikTok. Dès leur arrivée au port et jusqu’à la montée dans le ferry, les flashs crépitent et les mises en scène s’enchaînent.

"On a beaucoup souffert, on a besoin de montrer qu’on a réussi", à rejoindre l’Europe, explique Mahamoud Abdeldin. Ce Tchadien de 37 ans a passé plus d’un an sur la route, avant de parvenir à atteindre Ceuta en janvier dernier. "On diffuse ces images pour célébrer notre réussite et encourager les autres. On a laissé des amis au Maroc. Ces vidéos sont faites pour les motiver, pour qu’ils ne laissent pas tomber et qu’ils sachent qu’un jour ce sera bientôt leur tour", renchérit Mohamed.

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Mais les photos diffusées sur la toile masquent une réalité bien plus sombre : la traversée reste hautement dangereuse, les risques d’hypothermie, de malaise et de noyade sont élevés. Des dizaines de personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave ces dernières années.

Beaucoup gardent aussi des blessures, notamment après avoir tenté de franchir les clôtures entre Ceuta et le Maroc de douze mètres de haut et de huit kilomètres de long. D’autres restent traumatisés par leur traversée à la nage pour rejoindre la ville. (...)