La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est actuellement en visite en Australie en quête de nouveaux partenariats de libre-échange. En parallèle, la Commission européenne a annoncé que l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur sera appliqué provisoirement à partir du 1er mai et ce, alors que la justice doit encore se prononcer sur la légalité de ce traité de libre-échange.
C’est le Parlement européen qui a saisi la Cour de justice de l’Union européenne en janvier pour vérifier la compatibilité de l’accord UE-Mercosur avec le droit européen. Comme les traités l’autorisent, la Commission a donc choisi d’appliquer provisoirement le texte sans attendre le verdict de la justice européenne.
L’accord s’appliquera provisoirement avec les pays du Mercosur qui auront achevé leurs procédures de ratification et notifié l’UE avant la fin du mois de mars. (...)
L’accord reste très contesté en Europe, notamment en France. Les agriculteurs le perçoivent comme une menace pour la paysannerie européenne. Dans leur viseur, notamment, les produits issus de l’élevage, comme le bœuf, la volaille ou le miel. Ils dénoncent aussi la concurrence du riz, du sucre ou du maïs venus des pays d’Amérique du Sud. (...)
Les Européens craignent l’arrivée sur leur marché de produits ne respectant pas les normes très strictes qui leur sont imposées concernant la sécurité alimentaire, les intrants et le bien-être animal. Paris avait fixé trois lignes rouges pour l’application de cet accord : les clauses de sauvegarde, des mesures « miroir », qui imposent les mêmes normes que celles en vigueur dans l’UE, ainsi qu’un renforcement des contrôles douaniers.
Pour ses partisans, il va permettre de relancer l’économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des États-Unis. (...)