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L’Algérie a expulsé plus de 34 000 migrants vers le Niger en 2025, un record
#Algerie #expulsions #migrants #immigration
Article mis en ligne le 23 janvier 2026
dernière modification le 20 janvier 2026

Selon l’ONG Alarme Phone Sahara, les autorités algériennes ont expulsé 34 236 migrants vers le désert, près de la frontière nigérienne en 2025. Du jamais vu. En 2024, un record avait déjà été établi avec l’expulsion de 31 404 personnes dans les mêmes conditions. Lorsqu’ils sont abandonnés dans le désert, les exilés sont débarqués au "point zéro", zone désertique délimitant la frontière entre le Niger et l’Algérie. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre la première ville nigérienne, Assamaka.

D’après l’ONG, "il est certain que le nombre réel dépasse même largement les chiffres documentés [en 2025], étant donné que dans plusieurs cas, les structures locales n’ont pas été en mesure de recenser le nombre de personnes embarquées dans ces convois".

"Vague de refoulement sans précédent" (...)

Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) pour accélérer le rapatriement dans leur pays d’origine - d’ici juillet - d’environ 4 000 migrants. Les autorités nigériennes disaient vouloir ainsi éviter un "désastre humanitaire".

Mais ces "retours volontaires" prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les laissez-passer. Chaque nouvelle exigence de ces derniers - entretiens en vidéoconférence avec le migrant, formulaires administratifs, etc. - entraîne un peu plus de retard pour les migrants originaires de ces pays, bloquant ainsi tout le processus et provoquant l’embolie du système d’accueil onusien sur le territoire nigérien. (...)

Cette surpopulation de migrants - notamment à Assamaka et Agadez - concentre toutes les frustrations.

En avril, la junte nigérienne, arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2023, a estimé que les arrivées massives de migrants non-nigériens risquaient de "perturber l’équilibre sécuritaire" du Niger déjà confronté aux attaques jihadistes sur plusieurs pans.

"Expulsions en chaîne depuis la Tunisie et l’Algérie" (...)

Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. (...)

Sept décès

"Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées", signale APS dans son rapport, ajoutant que "de nombreuses personnes arrivent avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité".

Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée. (...)

Alarme Phone Sahara a documenté, en 2025, sept cas de décès dans la région "provoqués par les conditions des expulsions". Mais combien meurent sans laisser de traces ? Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux.

Amadou, un migrant contacté par InfoMigrants en juillet 2020, racontait avoir vu trois personnes mourir sous ses yeux dans le désert. "Ils étaient tellement fatigués qu’ils se sont effondrés au sol", avait expliqué le jeune Africain qui travaillait depuis deux ans en Algérie avant d’être arrêté.