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l’Humanité
La procédure bâillon de Bolloré contre le journaliste Jean-Baptiste Rivoire confirmée par la cour d’appel de Versailles
#journalistes #Bollore #clausedeSilence
Article mis en ligne le 27 mai 2026
dernière modification le 26 mai 2026

Le journaliste licencié de Canal +, après des années de placard, avait dû signer une clause de silence et de non-dénigrements de son ex-employeur, à vie. Clause qu’il avait passée à la trappe lors de son témoignage dans le documentaire « Le Système B » de Reporters sans Frontières, dédié aux méthodes Bolloré.

Une prise de parole qui lui a valu d’être attaqué aux Prud’hommes par le groupe Bolloré, dont Maxime Saada, directeur de Canal + met en pratique le précepte maison : « tu baves, tu raques » en attaquant tout ancien salarié trop disert. En première instance, en février 2024, le journaliste avait été condamné à une amende de 151 500 euros.

Ce mercredi 20 mai, la cour d’appel de Versailles a allégé la facture de 9 000 euros, la sanction judiciaire étant passée à 142 500 euros. Jean-Baptiste Rivoire déplore, dans un communiqué publié sur son site Off investigation, que la cour d’appel entérine cette procédure bâillon qui menace la liberté de la presse. Il se réserve la possibilité de se pouvoir en cassation. (...)

Lire aussi :

 (Splann)
Clauses de silence : « Splann ! » dénonce le musellement des journalistes qui ont quitté le conglomérat de Vincent Bolloré

(...) Étendues à tout un conglomérat et sans limites temporelles, ces clauses de silence restreignent la liberté d’expression des journalistes et la liberté de la presse, en empêchant ceux qui y sont soumis de critiquer ou d’enquêter librement sur des sujets liés à leur ancien employeur.

Est-il acceptable, dans une démocratie digne de ce nom, que des milliardaires puissent non seulement remodeler le paysage médiatique au service de leur projet politique mais, en plus, faire taire à vie leurs salariés alors que les informations dont ils disposent sont d’intérêt public ? Au-delà de la situation individuelle de ces journalistes, c’est le droit des citoyens à être informés qui est en jeu. (...)