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Marie-Claude Saliceti
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RFI
La Russie face aux vagues de drones ukrainiens
#guerreenUkraine
Article mis en ligne le 19 mars 2026

Les autorités russes font désormais état d’attaques qui, disent-elles, peuvent atteindre la totalité du territoire russe, et brandissent ce risque pour encadrer et limiter les communications. Les drones venus d’Ukraine changent évidemment aussi de longue date la donne sur le champ de bataille, notamment en matière d’évacuation et de traitement des blessés.

« La dynamique du développement des armes ennemies est telle qu’aucune région de Russie ne peut se sentir en sécurité » : la phrase, rapportée mardi 17 mars par Tass, est du secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Sergueï Choïgou. Elle a été prononcée, selon l’agence d’État, lors d’une réunion à huis clos à Ekaterinbourg dans l’Oural, donnant un poids particulier au propos. (...)

Le diagnostic a de quoi résonner de manière alarmante pour la Russie. L’Oural est en effet le cœur historique et stratégique de son complexe militaro-industriel. La région est connue pour abriter des géants de la Défense (...)

Des attaques venues d’Ukraine en nombre exponentiel

C’est dans ce bastion du secteur de la défense, hérité de l’Union soviétique et essentiel pour la souveraineté militaire russe, que Sergueï Choïgou a, lors de cette réunion, listé les menaces que font peser sur la Russie « le régime de Kiev et ses 56 protecteurs ». Comprendre : les pays de l’Otan, toujours présentés ici comme tous adversaires voire ennemis de Moscou. (...)

Selon Sergueï Choïgou, Vladimir Poutine en personne y accorde la plus grande importance, et « ces questions ont été abordées à plusieurs reprises lors des récentes réunions du Conseil de sécurité, ce qui a permis d’élaborer les mesures nécessaires pour améliorer les activités conjointes ».

Extension du contrôle des photos et vidéos des lieux d’attaque

Les chiffres avancés sont évidemment invérifiables de source indépendante. Ils sont en tout cas brandis ces derniers mois pour justifier les vastes coupures d’internet partout sur le territoire de la Russie. Officiellement parce que les cartes SIM, russes ou étrangères, peuvent être utilisées pour piloter les drones, ou parce que même l’internet mobile facilite leurs vols au-dessus de la Russie. (...)

Les zones totalement « blanches », c’est-à-dire où même le téléphone et les simples SMS ne passent pas, se multiplient sur tout le territoire.

Sont de plus en plus fréquents aussi les panneaux « interdits de filmer et de photographier » aux abords des infrastructures dites « critiques » (...)

Adaptation de l’évacuation des blessés

Dans cette région où la ligne de front est l’une des plus actives, les drones ont, en tout cas, comme ailleurs, reconfiguré le champ de bataille. Et radicalement contraint les mouvements. (...)