Pourquoi le RN s’ancre-t-il dans les campagnes en déclin ? Parce que là où le travail et la débrouille sont valorisés, son discours colle à la réalité d’une concurrence généralisée pour l’emploi et la respectabilité sociale. Un défi immense pour les gauches. Notre entretien avec le sociologue Benoît Coquard.
(...) notre invité est le sociologue Benoît Coquard, spécialiste des classes populaires et des mondes ruraux.
Dans son livre Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin (La Découverte, 2019, disponible en poche), il démolit les clichés et les oppositions faciles entre les classes populaires de la France urbaine et celles de la France rurale.
Il étudie comment s’articulent les relations sociales dans les campagnes en déclin frappées par la désindustrialisation, où l’autonomie et le « s’en sortir par soi-même » sont valorisés. Et où les discours médiatiques et politiques d’une « France périphérique abandonnée » qu’il faudrait « aider » sont rejetés.
Localement, « les grandes gueules de gauche » qui faisaient entendre une autre lecture conflictuelle du monde « ont disparu avec la fin de l’usine », résume Benoît Coquard.
Dans ce vide, c’est souvent l’extrême droite qui empoche la mise. (...)
Le RN « joue ensuite sur un racisme qui vient accentuer ce rejet de l’“assisté”, qu’il présente comme le racisé ou l’immigré ». (...)
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