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Marie-Claude Saliceti
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Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb
#pesticides #UE #France #Duplomb
Article mis en ligne le 15 mai 2026
dernière modification le 12 mai 2026

Laurent Duplomb revient à la charge avec une nouvelle proposition de loi pour réautoriser des insecticides tueurs d’abeilles. Des filières sont dans l’impasse, affirme t-il, citant un rapport scientifique sur les alternatives aux pesticides. Débunkage.

Réintroduire des néonicotinoïdes interdits en France depuis 2018, c’est ce que prévoit la nouvelle proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb, déposée le 30 mars. L’enjeu, affirme le texte, serait d’« éviter la disparition de certaines filières agricoles ». Deux substances insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être réautorisées de manière dérogatoire pour quatre filières – betterave sucrière, pomme, cerise et noisette.

Un rapport a régulièrement été cité ces derniers mois, tant par les partisans de cette proposition de loi que par ses détracteurs. Il s’agit du rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), remis au gouvernement le 28 octobre 2025, sur les alternatives existantes à l’usage des néonicotinoïdes pour protéger les cultures.

D’un côté, Laurent Duplomb lit dans ce rapport la confirmation que des filières sont « en impasse totale et où les phytosanitaires sont la seule solution ». De l’autre, des organisations environnementales comme Pollinis considèrent que « l’Inrae a été claire sur le fait que de nombreuses alternatives à ces pesticides existent ».

Qu’en est-il vraiment ? (...)

Betterave sucrière : « L’arrêt des néonicotinoïdes n’a pas été une catastrophe » (...)

Betterave sucrière : des solutions mécaniques combinées à de la surveillance (...)

Pommes : « On a les moyens nécessaires pour éviter l’épandage de produits » (...)

Cerises : « Une batterie de solutions » (...)

Noisettes : soutenir financièrement la filière en attendant un parasitoïde ? (...)

« Pas de solution sans interdiction »

Le mantra du syndicat agricole FNSEA est le suivant : il ne doit pas y avoir d’interdiction de produits sans solution. Christian Lannou préfère dire qu’ « il n’y aura pas de solution sans interdiction. Ce n’est pas pour jeter la pierre aux agriculteurs, ça vaut pour tout le monde, ajoute-t-il, évoquant le cas des pailles en papier qui n’auraient pas été développées sans l’interdiction des pailles en plastique. Si on avait attendu que les alternatives apparaissent toutes seules, sans jamais interdire quoi que ce soit, ça ne serait jamais sorti en réalité. »

Dans le milieu agricole, aucune recherche sur des alternatives aux néonicotinoïdes en enrobage de semences n’a ainsi été développée avant leur interdiction en 2018. (...)