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Marie-Claude Saliceti
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SOS Mediterranée
«  Ma vie est une succession d’escaliers, je veux continuer à monter les marches  »
#SOSMediterranee #OceanViking #sauvetages #migrants #immigration #solidarites
Article mis en ligne le 26 mars 2026
dernière modification le 20 mars 2026

Secouru en 2017 à bord de l’Aquarius opéré par SOS MEDITERRANEE, Ismaël*, mineur isolé originaire de Guinée Conakry, a construit pas à pas son avenir en France grâce à sa détermination et aux rencontres qui ont jalonné son quotidien. Naissance récente de son fils, études, travail : retour sur un parcours inspirant.

(...) À 25 ans, Ismaël se décrit comme un « combattant ». Il explique qu’il se bat pour gagner ce qu’il n’a pas reçu durant son enfance en Guinée Conakry.

Cette détermination, il espère la transmettre à son fils, né il y a un peu plus de deux mois. «  Il est ma plus grande joie ! Je ne sais même pas comment en parler, cela dépasse tout ce que j’imaginais.  » Cette naissance donne un sens nouveau à ce qu’il a construit depuis bientôt 10 ans. « Je vais lui donner tout ce que je n’ai pas eu. C’est pour cela que je travaille. » Le reste, confie le jeune homme, dépendra « de son caractère et des rencontres qu’il fera. »

Une rencontre décisive

Les rencontres, justement, ont façonné les neuf dernières années d’Ismaël. Quelques mois après son arrivée en France, alors qu’il avait 16 ans, il a été accueilli par une famille avec trois enfants. «  Nous nous sommes adoptés mutuellement, c’est presque mystérieux ce qui s’est passé entre nous. Je sais que c’est rare.  »

« Quand je suis arrivé dans l’ouest de la France, ce qui m’a le plus marqué, c’est la pluie. D’où je viens, c’est le même climat, il pleut six mois, il fait beau six mois. Ça m’a rassuré au début, c’était au moins quelque chose que je connaissais.  »

Très vite, Ismaël s’inscrit en CAP électricité. Le souvenir de son premier jour de classe reste précis. « Nous étions quinze élèves. Pour moi, c’était inconcevable. En Guinée, nous étions trois par table, dans des classes de 80 à 100 apprenants. ». Le soir même, il rentre chez lui avec une certitude : avec une table pour lui seul, et des petits effectifs, il pourra enfin étudier dans de bonnes conditions.

La suite s’enchaîne comme une série d’étapes franchies une à une : Ismaël est élu délégué de classe et inscrit au concours du meilleur apprenti. Il passe son CAP, puis un bac professionnel. L’entreprise où il effectue son alternance l’embauche. (...)

Peu de ses amis ont suivi ce chemin. Ismaël reconnaît qu’à 15 ou 16 ans, il est difficile de tracer son propre avenir. «  Je n’ai pas été laissé seul, contrairement à la plupart de mes copains arrivés en France comme moi. Ma famille d’accueil m’a toujours épaulé et chacun des trois enfants représentait un exemple à suivre. Je ne pouvais pas faire de mauvaises rencontres dans un tel environnement. Les autres n’ont pas eu la chance d’avoir ces repères.  »

Ses copains ont rapidement abandonné leurs études, faute de soutien. (...)