Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
Méditerranée : 2 500 migrants interceptés en mer et ramenés de force en Libye depuis le début de l’année 2026
#Mediterranee #Libye #migrants #immigration #OIM #UE
Article mis en ligne le 16 mars 2026
dernière modification le 13 mars 2026

Entre le 1er janvier et le 10 mars, un peu plus de 2 500 migrants ont été interceptés en mer Méditerranée par les gardes-côtes libyens et ramenés dans le pays. Le comportement des autorités libyennes en mer est souvent pointé du doigt par les ONG pour leur violence envers les exilés.

Au total, en 2025, 26 000 migrants avaient été interceptés en mer, en 2024 ils étaient 21 762 et en 2023, ils étaient 17 190.

Ces exilés - originaires d’Afrique subsaharienne pour beaucoup - prennent la mer dans des embarcations de fortune dans l’espoir de rejoindre l’Union européenne (UE) et notamment l’île italienne de Lampedusa, située à seulement 300km des côtes d’Afrique du Nord.

Ces arrestations en mer Méditerranée sont légales en vertu d’un accord conclu entre l’Italie (soutenue par l’Union européenne) et Tripoli en 2017. Depuis cette date, l’Europe confie ainsi aux autorités libyennes (via le centre de coordination de sauvetage maritime MRCC de Tripoli) la charge de la coordination des sauvetages d’embarcations de canots de migrants au large de leurs côtes. Une tâche qui incombait auparavant à Rome ou à La Valette, à Malte.

Des interceptions émaillées de violences

Pour les ONG, en revanche, ces interceptions sont illégales et émaillées de violences. Les Libyens sont en effet régulièrement accusés de faire usage d’armes à feu lors de ces opérations. Certaines de leurs interventions aboutissent aussi à des drames. (...)

Dans un rapport confidentiel en 2022, l’Union européenne reconnaissait que les autorités libyennes avaient déjà eu recours à un "usage excessif de la force" envers les migrants et que certaines interceptions en Méditerranée ont été menées à l’encontre de la règlementation internationale.

Dernière inquiétude des ONG : l’ouverture d’un centre MRCC à Benghazi, dans l’est de la Libye, financé par la Commission européenne. Sur le même modèle que l’accord signé avec Tripoli, les autorités de l’est libyen seront chargées d’intercepter les migrants en Méditerranée avant qu’ils n’atteignent les rives européennes. L’ouverture de ce MRCC à Benghazi coïncide avec l’émergence d’une nouvelle route : celle de Tobrouk qui relie cette ville de l’est libyen à la Crète.