La Défenseure des droits livre ce vendredi 19 juin les conclusions de son travail d’enquête sur la mort du jeune Nahel, tué au volant de la voiture qu’il conduisait à Nanterre en juin 2023. Selon cet avis, révélé par Le Monde, le tir du policier Florian M. n’était ni « absolument nécessaire » ni « proportionné à la gravité de la menace ». L’autorité administrative demande au ministre de l’Intérieur d’engager en conséquence une procédure disciplinaire.
« En tirant avec une arme à feu, à une faible distance, dans l’habitacle de la voiture et alors qu’il avait très peu de visibilité (le policier) avait nécessairement conscience qu’il existait un risque létal pour le conducteur », a estimé la Cour de cassation le 12 juin en cassant la décision du 5 mars dernier de requalification des faits en « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », et en ouvrant la voie à un procès pour meurtre. (...)
Face à ce tir qu’elle estime en conséquence non réglementaire et aux différents manquements constatés, l’autorité administrative demande au ministre de l’Intérieur d’engager des procédures disciplinaires contre les deux policiers et regrette que la proposition de conseil de discipline issue du rapport d’enquête de l’IGPN de janvier 2025 soit resté lettre morte.
« Une nouvelle fois, c’est la démonstration d’une protection assez scandaleuse de certains fonctionnaires de police qui pourtant ont commis de graves manquements et fautes », a réagi auprès de l’AFP Me Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, Mounia Merzouk. (...)
Silanoc, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons