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RFI
Mozambique Exposed : au Cabo Delgado, des violences sexuelles généralisées
#Mozambique #CaboDelgado #violencesSexuelles #femmes
Article mis en ligne le 18 juin 2026

D’après un rapport des Nations unies qui n’a jamais été rendu public, le Cabo Delgado connaît une flambée de violences sexuelles depuis le début du conflit en 2017. Cette région, très riche en matières premières, subit la violence du groupe terroriste shebab, mais aussi les brutales représailles des Forces armées mozambicaines. Les femmes paient particulièrement le prix de cette situation. Septième épisode de l’enquête « Mozambique Exposed » du consortium coordonné par Forbidden Stories à laquelle RFI a contribué.

(...) Entre janvier et avril 2024, plus d’une centaine de personnes ont été interrogées par l’UNFPA, dans sept des seize districts du Cabo Delgado. Cette région riche en matières premières (gaz, pierres précieuses, lithium…) subit depuis près de 10 ans, la violence du groupe armé shebab, ainsi que les représailles des Forces armées mozambicaines, dans leur guerre contre le terrorisme. (...)

Victimes, proches, humanitaires, chefs communautaires et religieux sondés par l’agence des Nations unies s’accordent sur un point : depuis le début du conflit en 2017, la région connaît une flambée de violences sexuelles.

« Enlevées », « mariées de force », « esclaves », « discriminées »

Le sort subi par les filles d’Olessa Ibrahimou est partagé par des milliers de jeunes filles du Cabo Delgado. « Un grand nombre de femmes et de filles ont été enlevées et soumises au trafic d’êtres humains [par les groupes armés non-gouvernementaux, NDLR] », peut-on lire dans le rapport. L’UNFPA recense aussi des tortures, des exécutions extra-judiciaires et l’usage des femmes et des enfants comme boucliers humains par les Shebabs. « Une fois enlevées, les filles sont mises en ligne et les hommes armés font leur choix, explique à RFI une assistante sociale de Mocimboa da Praia, qui préfère garder l’anonymat. Celles choisies sont mariées de force, les autres deviennent les esclaves du groupe. »

Les femmes enlevées portent le matériel des combattants, elles cuisinent, elles vont chercher du bois. Certaines deviennent aussi les esclaves sexuelles des terroristes. « Quand ils voulaient nous punir, ils nous attachaient les mains derrière le dos et nous laissaient ainsi pendant trois jours. Durant ce temps, n’importe quel homme qui le désirait pouvait venir nous violer », confie une victime à l’UNFPA. (...)

Des crimes et abus de pouvoir

Tout aussi inquiétant, le rapport des Nations unies révèle que les Forces armées mozambicaines (FADM) sont à l’origine de nombreuses violences sexuelles. (...)

Une hausse de la prostitution (...)

Selon le rapport des Nations unies, « des hommes d’affaires ont été accusés de prendre part à de l’exploitation sexuelle ». (...)

« La finalisation de ce rapport pour un public externe n’a pas été une priorité »

D’après un porte-parole de l’UNFPA, bien que ce rapport n’ait jamais été rendu public, il a été utilisé pour définir des programmes humanitaires pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG). « Il est resté à l’état de brouillon, pour des raisons de qualité », explique-t-il. L’UNFPA confirme pourtant que cette étude, « Les voix du Mozambique », a suivi la même méthodologie que celles déjà menées au Cameroun ou au Soudan par l’agence des Nations unies et qui ont été publiées. (...)

« Mozambique Exposed » est le fruit de près de 100 entretiens et de cinq mois de travail menés par 10 médias et 30 journalistes sous l’égide de Forbidden Stories. Des investigations incluant Evident Media (États-Unis), Expresso (Portugal), M28 Investigates (Rwanda), Les Observateurs de France 24 (France), Paper Trail Media (Allemagne), RFI (France), SourceMaterial (Royaume-Uni), ZDF (Allemagne) et Zitamar News (Mozambique).

En 2024, « il y avait beaucoup de choses en cours dans le pays et de nombreux besoins en programmation, explique le porte-parole de l’UNFPA. La finalisation de ce rapport pour un public externe n’a pas été une priorité ». (...) (...) (...) (...)