À l’issue d’un second tour marqué par une forte abstention, le paysage politique reste très éclaté. Le RN progresse dans les villes moyennes, la droite et le PS se partagent les grandes villes, LFI progresse. Au sein des gauches, les échanges sont de nouveau à couteaux tirés à un an de la présidentielle.
beaucoup de communes qui basculent, et des électorats qui se contredisent d’une ville à l’autre.
Dans ce scrutin, les réalités locales dominent parfois les logiques nationales et tout ne peut pas se lire à l’aune des débats stratégiques nationaux.
En revanche, un enseignement ne change pas d’une élection à l’autre. Au second tour, l’abstention atteint un niveau record pour des élections municipales.
La crise démocratique s’aggrave donc, dans une indifférence quasi générale, et mine peu à peu la légitimité de celles et ceux qui sont élu·es. (...)
Il y avait alors quelque chose de risible à voir défiler sur les plateaux télé les principaux responsables des partis politiques pour clamer leur victoire – et blâmer les autres – sans évoquer, ou de façon cosmétique, cette désertion des urnes.
Les Français·es qui ont voté ont en tout cas choisi de changer de maires dans de nombreuses villes – « on assiste à une vague dégagiste », selon le coordinateur national de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard, dont le premier bénéficiaire est sans doute le Rassemblement national (RN). (...)
LFI et le PS entament la bataille des récits (...)
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La gauche a conservé Paris, Marseille et Lyon dimanche 22 mars au second tour des municipales, qui ont toutefois signé l’échec général des alliances controversées entre LFI et les socialistes, tandis que la droite et le centre engrangent une belle moisson et que le RN enregistre une vague de victoires dans les villes moyennes. (...)
Emmanuel Grégoire s’impose à la mairie de Paris face à Rachida Dati, bascule à droite de plusieurs villes stratégiques de gauche (...)
Lyon et Nantes, seuls bastions de poids où les alliances avec LFI fonctionnent (...)
Le Rassemblement national continue de s’implanter au niveau local (...)
LFI s’impose au second tour à Roubaix, La Courneuve et Vénissieux (...)
Après Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d’une large avance dimanche dernier. Le mouvement mélenchoniste s’implante dans la périphérie des grandes villes, avec des victoires à La Courneuve et Vénissieux, et son coordinateur national Manuel Bompard affirme que sa « percée » du premier tour se « renforce ». (...)
– (France24)
Municipales 2026 : à chacun son récit victorieux, les regards tournés vers 2027
Parti socialiste, Les Républicains, Rassemblement national, La France insoumise et même Renaissance ont trouvé des motifs de satisfaction, dimanche soir, dans les résultats du second tour des élections municipales. Les regards sont désormais tournés vers la présidentielle 2027 avec une question qui a dominé les commentaires à gauche : celle de l’union avec LFI. (...)
À écouter les responsables politiques, dimanche 22 mars, après le second tour des élections municipales, chacun avait gagné, personne n’avait perdu (...)
La gauche, d’abord, a conservé ses grandes villes en l’emportant à Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lille ou Rennes. Des victoires dans des villes symboles, à commencer par la capitale où Emmanuel Grégoire l’a largement emporté face à Rachida Dati, malgré la présence de l’insoumise Sophia Chikirou ; mais aussi à Marseille, où Benoît Payan a réussi son pari face au candidat d’extrême droite Franck Allisio ; et à Lyon, où l’écologiste Grégory Doucet a conservé son fauteuil face à Jean-Michel Aulas en faisant l’union avec les insoumis durant l’entre-deux-tours.
Cette question de l’union avec LFI était justement au cœur des débats entre représentants de ces gauches jugées "irréconciliables" par certains. (...)
De fait, la plupart des grandes villes où les listes de gauche menées par les socialistes ou les écologistes avaient fait alliance avec LFI dans l’entre-deux-tours ont été perdues dimanche soir. À commencer par Toulouse et Limoges, les deux principales villes où ces unions s’étaient faites derrière les candidats insoumis. Mais aussi Clermont-Ferrand, Brest, Besançon, Avignon, Poitiers, Argenteuil ou Colombes.
Dans le même temps, des candidats qui avaient refusé l’union avec LFI l’ont emporté : à Paris et Marseille, bien sûr, mais aussi à Montpellier, à Strasbourg, à Lille, à Rennes, à Saint-Étienne, à Amiens et même à Pau, où le socialiste Jérôme Marbot a battu l’ancien Premier ministre François Bayrou.
La droite domine dans les villes moyennes
L’alliance de toute la gauche a toutefois été victorieuse à Lyon, Nantes, Grenoble ou Tours, tandis que la désunion a aussi pu être perdante comme à Bordeaux, où l’écologiste Pierre Hurmic a été défait par Thomas Cazenave (Renaissance).
La France insoumise peut aussi se réjouir de succès à Roubaix, au Tampon, à Vénissieux, à Vaulx-en-Velin, à La Courneuve ou à Creil. Autant de victoires qui valident la stratégie du parti de s’implanter dans les banlieues populaires, selon ses dirigeants. Bally Bagayoko l’avait aussi emporté dès le premier tour à Saint-Denis.
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a donc estimé que la "percée" des candidats insoumis au premier tour des municipales se "confirme, s’amplifie et se renforce". "C’est un formidable désaveu pour toutes celles et ceux qui ont multiplié ces dernières semaines les calomnies contre La France insoumise et ses candidats", a-t-il affirmé, saluant par ailleurs une "vague dégagiste avec la défaite annoncée de plusieurs sortants, notamment issus du Parti socialiste ou des Écologistes". (...)
La droite s’est également félicitée de ses victoires dans de nombreuses villes moyennes comme Clermont-Ferrand, ville historique de gauche, Brest, dirigée par le PS depuis plusieurs décennies, Limoges, Besançon, mais aussi Toulouse, quatrième ville de France. (...)
Pas de grand vainqueur (...)
Parmi les principales prises de la soirée, les candidats d’extrême droite l’emportent notamment à Carcassonne et Castres. Les conquêtes sont nombreuses dans sa zone de force de l’arc méditerranéen, d’Agde à Menton, en passant par La-Seyne-sur-Mer. Idem en remontant le Rhône, de Tarascon à Bagnols-sur-Cèze, jusqu’à Orange où le RN renverse son ex-allié Jacques Bompard – cofondateur du Front national, dont il a été exclu il y a 20 ans. À l’autre bout de l’Hexagone, le mouvement enregistre aussi une série de succès dans le bassin minier du Pas-de-Calais, en particulier dans le bastion socialiste de Liévin. (...)
Il apparaît difficile, voire impossible, de désigner un grand vainqueur de ces élections municipales. Même les macronistes, qui ont pourtant fait le choix d’enjamber ce scrutin, trouvaient des raisons de sourire dimanche soir. (...)
Il n’y a peut-être que les écologistes qui faisaient la grimace et évitaient de fanfaronner sur les plateaux TV. Le parti de Marine Tondelier a certes conservé Lyon, Grenoble et Tours, mais a perdu Strasbourg, Bordeaux, Besançon, Poitiers et Annecy. La "vague verte" de 2020 n’est plus qu’un lointain souvenir.
Et pour ceux qui voudraient tirer des enseignements un peu trop rapides des résultats de 2026 pour se projeter sur 2027, l’exemple des écologistes est peut-être à méditer. (...)
– (Public Senat)
CARTE. Second tour des municipales 2026 : retrouvez tous les résultats, commune par commune