Cent cinquante ressortissants de Côte d’Ivoire ont été rapatriés depuis le Niger dans leur pays via un "retour volontaire" de l’OIM. Il s’agit du troisième vol de ressortissants ivoiriens depuis le début de l’année.
Au total, 150 personnes – 134 hommes, 13 femmes et 3 enfants – étaient à bord du vol qui a atterri lundi 9 mars en Côte d’Ivoire. Organisé par les autorités ivoiriennes et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce "retour volontaire" a permis de rapatrier ces migrants qui étaient bloqués au Niger. (...)
C’est le troisième "retour volontaire" vers la Côte d’Ivoire opéré depuis le début de l’année
(...) De nombreux "retours volontaires" sont organisés depuis le Niger car le pays est un carrefour migratoire sur la route vers l’Europe. Selon l’OIM, ce sont plus de 4 millions de migrants qui ont été recensés, en 2025, sur une dizaine d’axes conduisant vers le nord de l’Afrique et, à terme, l’Europe.
Mais de nombreux migrants restent bloqués dans ce pays et survivent dans des conditions difficiles et finissent par demander un "retour volontaire". (...)
"Je n’ai pas eu l’accueil que j’aurais voulu avoir..."
Une fois rapatrié, les migrants, fragiles et polytraumatisés, devront se réinsérer. Une étape qui peut s’avérer difficile car certains sont rejetés par leur famille, d’autres supportent mal l’échec de leur exil. (...)
"La migration est vue comme un investissement de la part de la famille, de la communauté [beaucoup de familles pauvres contribuent à payer les passeurs pour le voyage, ndlr]. Donc leur retour au pays, sans résultats, notamment financiers, peut être mal perçu".
De manière générale, "les Ivoiriens qui rentrent au pays sont dans un état psychique très compliqué. Beaucoup ont subi des sévices, ont été victimes de traite, ont été réduits en esclavage", détaillait, elle aussi en mars 2025, Stéphane Guéla, chargé du programme réintégration de l’agence onusienne à Abidjan.
"Certains ont été vendus, ils sont passés de mains en mains. Ils ne vont pas bien du tout. C’est pour ça que dès leur retour en Côte d’Ivoire, nous faisons intervenir le ’programme de santé mentale’ pour les prendre en charge, au moins sur le court-terme".