Classes moyennes supérieures converties au néolibéralisme, classes populaires précarisées : le chacun pour soi devient un poison social et politique. « À l’air libre » reçoit le sociologue Camille Peugny, auteur du « Triomphe des égoïsmes », et la journaliste Nora Hamadi, qui publie un récit sur la ville de banlieue parisienne où elle a grandi.
Lire aussi :
– (Editions Flammarion)
Nora Hamadi
La Maison des Rêves
Une histoire des banlieues françaises
« Petits, on est tous égaux devant les rêves. Médecin. Astronaute. Pompier. Danseuse. Footballeur. Actrice. Moi, je veux être chanteuse d’opéra. »
Nora Hamadi a dessiné ses rêves durant l’enfance dans un local qui s’appelait la Maison des Rêves, au pied de la résidence la Rocade, une cité de Longjumeau, sortie de terre dans les années 1960 entre champs, autoroutes et nationales. Avec sa grand-mère, elle partageait un appartement dans ce quartier populaire. Un village vertical habité d’immigrés de toutes les régions françaises et du monde entier, où la solidarité et l’entraide étaient fortes.
Dix ans après la mort de sa grand-mère, Nora Hamadi est retournée à Longjumeau. Les immeubles sont toujours là. Mais tout a changé. (...)
– (Editions PUF)
Le triomphe des égoïsmes
Camille Peugny
L’égoïsme comme contrainte sociale généralisée progresse à mesure que recule l’État social, miné par plusieurs décennies de néolibéralisation, notamment parmi les classes moyennes supérieures, entendues comme l’alliance du cœur des classes moyennes stabilisées et des classes supérieures, qui contribuent à l’essaimer au sein de tout le corps social. De leur côté, nul déni des inégalités mais une adhésion accrue aux principes de responsabilité individuelle. Du côté des classes populaires contraintes de devenir auto-entrepreneuses de leur propre précarité, les transformations de l’emploi fracturent les collectifs et contraignent à l’assurance individuelle. (...)