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Marie-Claude Saliceti
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Greenpeace
Nouvelle guerre, mêmes profiteurs
#guerreAuMoyenOrient
Article mis en ligne le 21 mars 2026
dernière modification le 18 mars 2026

Entre le 20 février et le 9 mars 2026, les cinq principales majors occidentales (ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et BP) ont généré près de 60 milliards de dollars de valeur boursière. Et si on ne regarde que la représentante française, sa valeur a progressé de 10 milliards d’euros depuis le début de la guerre en Iran.

Comment expliquer de tels profits ? Le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite 20 % du pétrole mondial, a été presque entièrement bloqué par le conflit en cours. Ce détroit est particulièrement important pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL), et l’arrêt du trafic a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz à l’échelle mondiale.

Ainsi, le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars le 9 mars, alors qu’il était à 60 dollars tout début janvier. Ce n’était pas arrivé depuis mars 2022, au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les frappes aériennes iraniennes contre deux installations de GNL au Qatar illustrent une autre stratégie d’instrumentalisation des énergies fossiles dans les conflits, avec un impact direct et immédiat sur les marchés énergétiques, l’accès à l’énergie et la sécurité à l’échelle mondiale. Après ces attaques, les prix du gaz naturel ont bondi et la société publique QatarEnergy a annoncé qu’elle allait interrompre sa production de GNL.

Cette instabilité énergétique va permettre aux entreprises pétro-gazières d’engranger des profits exceptionnels (...)

Une dépendance aux énergies fossiles qui coûte (encore plus) cher aux populations (...)

Sortie des énergies fossiles

La sortie progressive des énergies fossiles est essentielle pour garantir, à long terme, un accès à l’énergie, pour toutes et tous, à la fois abordable et stable. Contrairement au pétrole et au gaz, les énergies renouvelables ne sont pas soumises aux mêmes risques géopolitiques. Leur coût est ainsi bien moins dépendant des tensions internationales.

La transition vers les énergies renouvelables est souvent présentée comme un objectif climatique. Mais dans une région où la stabilité est fragile, tout comme dans les régions qui sont fortement importatrices d’énergies fossiles comme l’Europe, elle constitue aussi un impératif de sécurité. (...)