Et si la vérité disparaissait, assassinée sous nos yeux ? C’est le propos de « Orwell : 2 + 2 = 5 », le nouveau film de Raoul Peck, qui dit l’actualité brûlante de l’auteur de « 1984 ». Son réalisateur est notre invité.
« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Quand ce point est assuré, le reste suit » : Winston Smith, le héros tragique de 1984, écrit ces lignes comme s’il « posait un important axiome », défiant propagandes et mensonges. Son persécuteur, O’Brien, garant de la « novlangue » et de l’ordre immuable dont « Big Brother » est l’unique visage, va réussir à vaincre cet ultime étendard de la liberté : dire la vérité de fait, tout bêtement, la vérité simple, la vérité vraie. À force de tortures, Winston finira non seulement par dire mais par penser que « 2 + 2 = 5 ».
La disparition de la vérité aujourd’hui, sous l’action conjointe et universelle de pouvoirs autoritaires, oligarchiques et mafieux, de Donald Trump à Vladimir Poutine et tant d’autres, est le propos du nouveau film de Raoul Peck, en salles à partir du 25 février. À l’heure des faits alternatifs, des algorithmes trompeurs, des mots interdits, des négationnismes vengeurs, des savoirs persécutés, des journalistes calomnié·es, du fascisme conquérant, bref de l’information et de la connaissance en péril, ce documentaire montre combien est actuelle l’œuvre de George Orwell (1903-1950), ce libertaire radicalement démocrate et viscéralement antifasciste. (...)
Un cinéma en liberté, à l’image de l’itinéraire sans frontières de son auteur, né haïtien, ayant grandi en République démocratique du Congo, étudié en France et aux États-Unis, appris le cinéma en Allemagne, à Berlin… (...)
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