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Marie-Claude Saliceti
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RFI
RDC : un rapport d’une agence de l’ONU alerte sur la hausse des violations des droits humains en 2025
#RDC #droits #ONU
Article mis en ligne le 14 mars 2026

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (le BCNUDH) vient de publier ses chiffres annuels en République démocratique du Congo. Les Nations Unies publient un rapport alarmant sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Plus de 20% de hausse des violations documentées en un an sur l’ensemble du territoire congolais.

La violation la plus documentée en 2025 reste les exécutions sommaires ou extrajudiciaires. Les chiffres sont précis. Plus de 3 900 victimes d’exécutions sommaires ou extrajudiciaires, dont près de 300 enfants. 4 200 personnes ont par ailleurs été victimes d’enlèvements, parmi lesquelles 230 mineurs. Géographiquement, rien de nouveau : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri restent les provinces les plus touchées.

Et sur la question des responsabilités, le rapport est précis : ce sont les groupes armés qui demeurent les principaux auteurs des atteintes. En tête, le M23, suivi des Wazalendo, alliés des FARDC, puis des ADF et de la Codeco.

Sur les violences sexuelles liées aux conflits, la hausse est de près de 60% par rapport à l’année précédente. Plus de 600 victimes recensées. Le M23 est là encore le premier mis en cause, selon le rapport.

Mais le document pointe aussi les agents de l’État : les militaires des forces armées (FARDC), la police nationale, et même les services de renseignements (ANR), responsables de cas touchant 20% de l’ensemble des victimes.(...)

Tortures et détentions par les services de renseignements pointés du doigt (...)

Ce qui aggrave le tableau, c’est le cas du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Cette structure n’a légalement aucun pouvoir d’arrêter qui que ce soit, dit le rapport. Pourtant, elle détient des personnes depuis de longs mois, dans des lieux non officiels à Kinshasa, ajoute le document.

Le BCNUDH a recueilli des témoignages de familles : les personnes appréhendées étaient soupçonnées d’être proches de l’ancien président Joseph Kabila, de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo ou simplement d’avoir critiqué publiquement une décision du gouvernement.

Le BCNUDH demande aux autorités congolaises de transférer tous ces détenus devant des juridictions compétentes. Le gouvernement, réagissant à un rapport similaire de Human Rights Watch, rejette ces accusations. (...)

Il n’y a pas que Kinshasa qui est épinglé dans ce rapport de l’ONU. Dans plusieurs régions du pays, il y a des besoins de protection. (...)