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Reprise des expulsions d’Algériens depuis la France, à l’arrêt depuis un an
#France #Algerie #expulsions #migrants #immigration
Article mis en ligne le 30 mars 2026
dernière modification le 27 mars 2026

Les Algériens visés par des obligations de quitter le territoire français (OQTF) sont de nouveau expulsés vers leur pays d’origine, selon l’association la Cimade. Les renvois vers l’Algérie étaient suspendus depuis un an, les relations entre Alger et Paris s’étant considérablement dégradées depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Les expulsions d’Algériens vers leur pays d’origine ont repris, selon l’association la Cimade qui intervient dans des centres de rétention (CRA), où sont enfermés des étrangers en situation irrégulière en vue de leur renvoi. "Deux Algériens, retenus dans le CRA de Rennes, ont été expulsés hier [mercredi 25 mars, ndlr]", a assuré la Cimade à l’AFP.

D’après l’association, la première personne était arrivée en France en 2024 et était retenue depuis deux mois en CRA et la seconde était en France depuis 40 ans, marié avec une Française et père de trois enfants majeurs en France.

À Toulouse (sud-ouest de la France), dans un autre CRA, un laisser-passer consulaire, document nécessaire pour toute expulsion, a été émis la semaine dernière par l’Algérie et un vol est prévu pour ce pays, a ajouté la Cimade.

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu.

Tensions entre Alger et Paris

Les dernières réadmissions par l’Algérie de ses ressortissants en situation irrégulière sous Obligations de quitter le territoire français (OQTF) dataient du début de l’année 2025.

La relation entre Paris et Alger s’était fortement dégradée depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire au statut non défini selon l’ONU, où un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

Les tensions franco-algériennes n’ont cessé ensuite de se multiplie (...)

Les tensions se sont aussi concentrées "autour des personnes faisant l’objet d’une OQTF, dans un contexte où Alger a longtemps été accusée par Paris de refuser ou de ralentir la délivrance des laissez-passer consulaires nécessaires aux expulsions", expliquait en début d’année à InfoMigrants la chercheuse Kinda Benyahia, spécialiste de l’Algérie à l’université Bordeaux-Montaigne. "Cette situation a contribué à politiser la question migratoire et à en faire un levier diplomatique entre les deux États."

Depuis des années, Paris reproche en effet à Alger de ne plus délivrer ces laissez-passer consulaires, sésames indispensables pour procéder à l’éloignement des ressortissants sans-papiers - et sans passeports.

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