Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 181 migrants nigérians ont été rapatriés de Benghazi, à l’est de la Libye, au Nigeria, mercredi 11 mars via le programme onusien de "retour volontaire". Quelques jours auparavant, 165 migrants avaient déjà décollé de Tripoli vers Lagos. De plus en plus de migrants en Libye demandent à l’OIM de les aider à quitter le pays à cause de leurs conditions de vie délétères.
Début mars, un autre vol de 165 migrants nigérians avait déjà décollé de Libye, depuis l’aéroport de Tripoli cette fois-ci, pour Lagos. En tout, entre le 1er mars et le 12 mars, 345 migrants nigérians ont ainsi quitté la Libye.
Depuis plusieurs mois, les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, veulent accélérer le retour de migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine pour éviter leur "installation permanente" dans le pays.
En décembre, le ministre libyen de l’Intérieur des autorités de Tripoli, Imad Trabelsi, avait indiqué, en présence d’ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, le lancement d’un nouveau programme pour renvoyer des migrants en situation irrégulière chez eux. Ce mois-là, des "milliers de migrants" devaient être rapatriés au Tchad, en Somalie, au Mali et en Syrie, à raison de "deux vols hebdomadaires", avait-il annoncé.
Confrontés à des conditions de vie délétères en Libye (enlèvements, arrestations arbitraires, actes de torture...) de plus en plus de migrants en Libye demandent à l’OIM de les aider à quitter le pays. (...)
La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. Mais de nombreux migrants meurent en détention, faute de famille et d’argent.
Un retour parfois impossible
Ainsi, depuis le lancement du programme d’aide au retour humanitaire "volontaire" de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015, plus de 100 000 migrants en Libye ont pu regagner leur pays en Afrique et Asie.
Si certains sans-papiers peuvent rentrer chez eux via ces "retours volontaires" de l’OIM, le retour reste impossible pour de nombreux autres. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. (...)