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Club de Mediapart/ Ludivine Bantigny Historienne
Sur l’arbitraire et la politique de terreur en Cisjordanie occupée
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 25 mars 2026
dernière modification le 21 mars 2026

Exactions, expulsions, meurtres d’enfants, exécutions sommaires : en Cisjordanie, Israël se livre à un nettoyage ethnique de plus en plus oppressant. Tout est fait, par la terreur, pour que les Palestiniens quittent leur terre. J’étais en Cisjordanie occupée fin février, alors que la guerre de Trump et Netanyahou commençait. Témoignage et appel concret à la solidarité.

Fin février, alors que la guerre de Trump et Netanyahou commençait, j’étais en Cisjordanie occupée. Ce petit texte vise à décrire la colonisation de plus en plus violente et meurtrière : des enfants battus, des enfants morts ; exactions, expulsions, exécutions sommaires… Une véritable politique de terreur, qui ne cesse de s’accélérer et de se brutaliser. (...)

Dès qu’on arrive en Cisjordanie, on éprouve toujours le sentiment oppressant de l’arbitraire le plus total et de la violence quotidienne, obsédante, harcelante. Dans le village où je logeais, près d’Hébron, un enfant venait d’être violemment battu par des colons armés de bâtons, et masqués. L’arbitraire est incessant : on ne peut jamais savoir si on va pouvoir aller d’un village à l’autre, parce qu’il y a partout des postes militaires de l’armée d’occupation, avec miradors et barrages, fermés sans horaire, sans raison, avec la pure et simple volonté de brimer et d’intimider. Il y a tant de routes en Cisjordanie occupée où les Palestiniens ne peuvent pas circuler. Du jour au lendemain, l’occupant décide que tel territoire devient zone militaire, et c’est terminé : même quand on y a une parcelle de terre depuis des générations, on ne peut plus y accéder.

La colonisation s’étend de manière vertigineuse. Par la brutalité totale. (...)

plus aucun recours possible. L’armée valide. Les procureurs appelés par des avocats solidaires se taisent.

Les dernières mesures prises par la Knesset intensifient encore le processus d’une colonisation démesurée : les colons pourront s’installer sur des terres quand les Palestiniens ne peuvent pas prouver par les anciens cadastres qu’elles leur appartiennent. Une catastrophe. Mais même sans cette législation, l’installation des colons n’a plus aucune limite. (...)

Israël, avec ses colons, se livre à un nettoyage ethnique de plus en plus oppressant. Tout est fait, de manière acharnée, pour que les Palestiniens quittent leur terre. Rien qu’en janvier, 700 personnes ont quitté leurs maisons. On estime qu’il y a désormais plus de 750 000 colons.

Le dernier rapport de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires occupés est accablant : « Israël met désormais en péril l’existence même du peuple palestinien en Palestine ». Il s’agit d’« effacer » les Palestiniens de leur terre. (...)

La situation est tellement horrible, en parallèle du génocide qui se déploie à Gaza, que même d’anciens hauts gradés de l’armée israélienne viennent de dénoncer ce qu’ils nomment eux-mêmes des pogroms, et un quotidien terrifiant. Vendanges et cueillette du raisin se pratiquent dans la terreur. (...)

Avec la guerre, la situation a encore empiré : routes fermées, couvre-feu à 16H, militarisation renforcée… Mais la résistance persiste. (...)

Si vous voulez aider les Palestiniennes et Palestiniens, il y a de nombreux moyens : se rapprocher des organisations, participer activement à la campagne BDS, aider les coopératives paysannes. Avec ce lien sûr, via l’Association France Palestine Solidarité, notamment pour aider la magnifique coopérative Al Sanabel, qui produit du jus de raisin. Un exemple de soutien concret et de solidarité.

Lire aussi :

 (Le Monde)
« Des pogroms purs et simples » : l’indignation de quatre anciens hauts gradés israéliens concernant les exactions des colons en Cisjordanie

Dans une lettre ouverte, des responsables sécuritaires à la retraite s’inquiètent de l’intensification des violences contre les Palestiniens et de l’inaction des autorités face à ce qu’ils qualifient de « phénomène quotidien, permanent et terrifiant ».

Ce sont des grands anciens de l’appareil sécuritaire israélien, retirés depuis longtemps de la vie active, qui sortent du silence pour dire leur inquiétude de l’évolution de l’Etat hébreu. (...)