L’Assemblée nationale va se pencher le 22 janvier sur une proposition de loi visant à instaurer des dérogations au repos des salariés le 1er mai. Les syndicats craignent que le travail du 1er mai soit généralisé sans être mieux payé. (...)
À l’origine de cette proposition : la relaxe, le 25 avril 2025, de cinq boulangers vendéens verbalisés par l’inspection du travail en 2024 pour avoir fait travailler leurs salariés le 1er mai. Les artisans-boulangers peuvent ouvrir leur boutique le 1er mai, mais le Code du travail ne les autorise pas à faire travailler leurs employés ce jour-là.
Le sénateur et la sénatrice centristes Hervé Marseille et Annick Billon ont considéré urgent de lever cette contrainte. Et déposé une proposition de loi en ce sens dès le 25 avril dernier. Et ce, avec le soutien du gouvernement, symboliquement incarné par la ministre du Travail, Catherine Vautrin, filmée en train de travailler bénévolement dans une boulangerie le 1er mai.
Ce 22 janvier, les députés examinent donc le texte tel qu’adopté par le Sénat le 3 juillet. Les amendements défendus par les groupes de gauche à l’Assemblée nationale ont tous été balayés en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, par une coalition allant du bloc central à l’extrême droite (...)
Des dérogations au-delà des boulangers et fleuristes
La proposition de loi prévoit de modifier le Code du travail au sujet de l’emploi des salariés le 1er mai. Aujourd’hui, la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs est le seul des onze jours fériés à être obligatoirement chômé. Et ce, depuis 1948.
Les seules exceptions concernent les établissements et services qui, « en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail », précise le Code du travail. En l’occurrence, une partie des transports, le secteur de la santé, les hôtels, certains lieux culturels et quelques industries ne pouvant s’interrompre.
Le texte issu du Sénat ajoute de nouvelles exceptions. En premier lieu, « les établissements assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate », ainsi que « les autres établissements dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail ».
La formulation va donc bien au-delà des seules boulangeries. (...)
Les syndicats, tous hostiles à l’élargissement du travail le 1er mai. Dans un communiqué commun (CGT, CFDT, FO, UNSA, CGC, FSU, Solidaires, CFTC), ils estiment que le volontariat « n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail ». « Il faut ne pas connaître le monde de l’entreprise pour dire que le volontariat peut exister », s’agace Thomas Vacheron de la CGT.
Le précédent du travail du dimanche (...)
« Ce sont surtout celles qui sont le moins bien payées qui sont contraintes de travailler le dimanche, puisque les emplois du dimanche sont majoritairement occupés par des femmes, pointe Thomas Vacheron. Le dimanche devient un jour comme un autre, tellement un jour comme un autre, qu’il n’y a plus de raison de le majorer. C’est exactement ce qui va se passer sur le 1er mai » si la proposition de loi est adoptée, s’inquiète le représentant CGT.