Les projectiles avaient touché deux personnes en marge d’un cortège contre un projet de réforme des retraites, en janvier 2020. Le tribunal correctionnel n’a pas prononcé de peine complémentaire d’interdiction de porter une arme.
(...) "Une panique générale du côté des manifestants"
Le 9 janvier 2020, dans un cortège parisien qui s’était élancé trois heures plus tôt de la place de la République, des heurts avaient éclaté aux abords de la gare Saint-Lazare. "Je me souviens d’une panique générale du côté des manifestants et une charge inconsidérée de l’autre", avait raconté à la barre Moukran S., 65 ans à l’époque. Dans plusieurs vidéos, on le voyait s’effondrer après avoir été la cible d’un tir de LBD. Le policier se trouvait à deux mètres de lui, alors que, "selon la doctrine, [les projectiles] doivent être tirés entre 10 et 50 mètres", avait rappelé le tribunal.
Quelques minutes plus tard, le même policier avait à nouveau fait usage de son lanceur de balles à l’encontre d’un autre manifestant, Peter B., 41 ans, cette fois situé à "8 à 10 mètres", à l’intérieur d’une nasse dans laquelle se dispersait une bombe lacrymogène. "T’en veux encore ?", lui avait alors lancé le gardien de la paix, 32 ans à l’époque. Il a depuis été muté dans une brigade anticriminalité (BAC) d’Occitanie.