Dans la nuit du 16 au 17 mars, dans cette ville de Seine-et-Marne, des vidéos d’une interpellation très violente de deux hommes par des policiers de la BAC ont fait le tour de la ville et des réseaux sociaux. La famille de l’une des personnes interpellées s’est confiée à Politis.
(...) La vidéo montre un homme au téléphone qui semble sortir d’un snack. Deux policiers s’approchent et lui ordonnent de « dégager ! », sous peine de se faire tirer dessus. L’homme s’exécute et s’éloigne, talonné par les deux agents. Soudain, l’un des policiers lui assène un coup de pied. L’homme tente de s’éloigner, mais un autre policier le met en joue pendant que son collègue le projette au sol. Une pluie de coups s’abat alors sur l’homme à terre. Dans la confusion, la grenade lacrymogène que le policier tenait se déclenche à quelques centimètres du visage de l’interpellé. Les étincelles et le gaz envahissent la rue. (...)
Selon des informations publiées par Assa Traoré sur Instagram, l’homme interpellé violemment par la BAC se nommerait Johnny (surnommé Flavel), membre du groupe de musique Flavel & Neto, âgé de 35 ans et père de famille. Une troisième vidéo, filmée depuis un autre angle, vient compléter le tableau. On y distingue un des policiers traînant l’homme sur le bitume pendant que ses collègues montent la garde ; celui-ci semble inanimé.
Interpellation, feux d’artifice et violences policières (...)
Trois personnes ont été libérées de cette détention, dont le mineur ayant reçu des coups de pied ainsi que Johnny. Le procureur a, par ailleurs, ordonné « la poursuite des investigations en [enquête] préliminaire » pour des faits de « possibles participations à des violences urbaines ».
Une fois rentrée, sa famille a pu observer que la mâchoire de l’adolescent était déplacée. Elle a aussi constaté la présence de plaies importantes au genou, au menton, aux côtes et au niveau de l’aisselle – des informations que la sœur du mineur nous a confirmées après les avoir publiées sur les réseaux sociaux. D’après ce même témoignage, la victime raconte aussi avoir été « fracassée sur le sol », « humiliée » et « insultée ».
Si on croit en la vertu de l’uniforme, il faut condamner les violences policières.
M. Laisney
Maxime Laisney, député de la France Insoumise, de la 10ᵉ circonscription de Seine-et-Marne, a saisi la justice. « Si on croit en la vertu de l’uniforme, il faut condamner les violences policières », déclare-t-il au téléphone. Dans son communiqué, le procureur de Meaux reconnaît qu’au moins l’une des interpellations a été réalisée dans des « conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe comme dans ses modalités ». Trois enquêtes distinctes ont été ouvertes (...)