l y a une semaine, les Roms qui squattaient dans mon quartier à Villeurbanne sont partis, sans attendre que la police vienne les expulser. Ils s’étaient installés là cet hiver et lors de leur arrivée, j’avais été comme d’autres sensibilisée à leur situation et avais fait leur connaissance en allant apporter une aide alimentaire en couvertures etc... Je n’étais pas une militante, j’étais une voisine compatissante.
C’est donc tout naturellement que je me suis inquétée de ce qu’ils étaient devenus. J’ai appris ainsi que certains avaient trouvé d’autres solutions (nouveaux squats..) mais que beaucoup restaient sans solution, avec des bébés et jeunes enfants. Il me semblait bien pourtant avoir entendu lors de la campagne électorale, que les lois seraient appliquées en ce qui concerne les démantelement des squats, mais qu’il y aurait toujours une recherche de solutions alternatives. J’ai donc pensé qu’avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation serait au moins traitée avec humanité.
Depuis hier, j’ai passé un certain nombre d’heures avec Marie (depuis plusieurs années Marie essaie d’aider les Roms ) dans le parc de la Feyssine avec 14 Roms, dont 5 fillettes de 2 à 11 ans. Ils sont en errance, se cachent dans les sous-bois, pour éviter les policiers qui ont l’ordre de ne pas les laisser s’installer.(il faut d’ailleurs constater que certains policiers font preuve d’humanité, mais bon ils font leur travail). (...)
Que peut-on faire pour cette famille et d’autres qui errent pourchassées, sommées de dégager. Mais où doivent-elles dégager et où seront elles certaines de trouver de quoi nourrir et loger leurs enfants ?
Aujourd’hui pour moi les 14 Roms ont des visages connus, des prénoms, Sorina, Alina... un sourire et je ne peux plus simplement hocher la tête avec compassion et continuer mon chemin : alors je me suis arrêtée.