En validant l’essentiel de la réforme des retraites, les « sages » ont livré une décision brutale et jeté de l’huile sur le brasier social.
La décision du Conseil constitutionnel de valider vendredi soir l’essentiel de la réforme des retraites surprend donc à plus d’un titre. Sur la forme, les « sages » – ce surnom ne peut être utilisé maintenant que par ironie – ont livré une décision brutale, écrite dans une forme bureaucratique dénuée de tout style ou de toute nuance. Sur le fond, la décision va au-delà du texte gouvernemental tant décrié, censurant seulement les quelques articles que le gouvernement et le Sénat avaient ajoutés pour créer une impression d’équilibre social, et censurant totalement uniquement l’idée d’un référendum qui pourrait faire patienter les opposants quelques mois. Sur ce brasier social qu’ont allumé partout en France le report de l’âge de la retraite à 64 ans et l’usage de l’article 49.3, les « sages » ont donc « versé un jerrican d’essence », selon la réaction immédiate de l’un des opposants les plus modérés, le communiste Fabien Roussel. (...)