Le lanceur d’alerte des Football Leaks, Rui Pinto, qui a mis au jour des révélations majeures d’intérêt public, offre aux autorités judiciaires portugaises une occasion unique de lutter contre la corruption dans le football.
Le 19 septembre dernier, des procureurs portugais ont inculpé Rui Pinto, le lanceur d’alerte des Football Leaks, de 147 chefs d’accusation. Les accusations concernent principalement des délits présumés d’accès non autorisé à des données et de violation du secret des correspondances. L’une des accusations concerne une tentative d’extorsion présumée. Rui Pinto est emprisonné au Portugal depuis six mois dans l’attente de son procès.
Les documents Football Leaks, qui ont révélé d’importantes fautes dans l’industrie du football, représentent un intérêt public considérable. Ces données ont été analysées et publiées depuis 2016 par les médias européens membres du réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont Der Spiegel, Mediapart, El Mundo, Expresso, Le Soir, Falter, NRC Handelsblad, Politiken, The Sunday Times et Reuters.
Alors que l’Union européenne vient d’adopter une directive visant à mieux protéger les lanceurs d’alerte, le Portugal prend une mauvaise voie en traitant Rui Pinto de cette façon. (...)
De fait, la collaboration de Rui Pinto avec des systèmes judiciaires étrangers a cessé depuis son incarcération au Portugal. Sa détention au Portugal ralentit le travail des autres pays pour lutter contre la corruption dans le football.
Que fait le Portugal pour lutter contre la corruption dans l’industrie du football ? Rien. Le Portugal enquête-t-il sur la corruption révélée par les Football Leaks ? La réponse courte est non. Les autorités portugaises estiment qu’elles ne peuvent pas utiliser les révélations des Football Leaks étant donné que ces informations ont été obtenues illégalement. (...)
Le moment est venu pour le Portugal de considérer que, lorsqu’un cadre législatif n’est pas adapté pour lutter contre la corruption, les lois doivent évoluer. (...)