(...) La crise couvait depuis plusieurs années déjà. Mais face au refus de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie de rapatrier leurs ressortissants en situation irrégulière en France, Emmanuel Macron a décidé de hausser le ton en réduisant de 50 % le nombre de visas accordés aux ressortissants algériens et marocains et de 30 % ceux octroyés aux Tunisiens prenant 2020 comme année de référence, affirme Europe 1 mardi 28 septembre.
« C’est une décision drastique et inédite », a souligné le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal mardi sur la même antenne, confirmant ces informations. « En 2018, nous avons adopté la loi asile et immigration (…) Et le frein à cette efficacité et aux reconduites effectives, c’est le fait que des pays refusent les laissez-passer consulaires. A partir de là, on a eu un dialogue avec certains pays du Maghreb, puis des menaces. Et aujourd’hui on met ces menaces à exécution », a-t-il détaillé. (...)
Face au manque de coopération de l’Algérie, la France avait déjà réduit sévèrement sa politique d’octroi de visas envers l’Algérie ces dernières années. Le nombre de visas sur une année accordés avait chuté de 420 000 en 2017 à 200 000 en 2019. La crise liée au Covid-19, elle, avait fait passer le chiffre sous la barre des 100 000. Or, l’affaire est très sensible en Algérie. (...)
De nombreux migrants en situation irrégulière, détruisent leurs papiers d’identité afin de rendre difficile leur expulsion. La coopération des pays d’origine est dès lors indispensable pour les identifier à travers un laissez-passer consulaire. (...)
Signe des fortes tensions entre les deux pays, le premier ministre, Jean Castex avait annulé à la dernière minute, une visite prévue en avril dans le pays. La situation sanitaire, en pleine pandémie de Covid-19, avait été invoquée pour justifier cette annulation. Mais l’Algérie avait vécu cette dérobade comme une humiliation.
Relations perturbées par l’affaire « Pegasus » (...)
Priver les pays du Maghreb de visas pour les punir de ne pas reprendre leurs ressortissants expulsés. Macron applique, avant même la campagne, une vieille demande de la droite et de l'extrême droite.https://t.co/PQnfIilj1N
— Ilyes Ramdani (@Ilyesramdani1) September 28, 2021